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JO-2012 - Les revenus du mouvement olympique

03/07/2012 05:34 EDT | Actualisé 02/09/2012 05:12 EDT

Le mouvement olympique aura perçu près de 8 milliards de dollars (6,36 milliards d'euros) de revenus durant l'olympiade 2009-2012, une fortune dont le Comité international olympique (CIO) ne touche qu'une toute petite partie.

Les recettes provenant de la vente des droits de retransmissions télévisées composent traditionnellement la moitié des revenus du mouvement olympique (3,914 milliards de dollars, soit 3,11 milliards d'euros), devant les contributions des parraineurs (34%, soit 761 millions d'euros), la billetterie olympique et la vente de produits dérivés.

Malgré les idées reçues, le CIO ne perçoit que 8 à 10% de cette somme, la moitié étant reversée aux comités d'organisation des deux jeux Olympiques (hiver/été) tenus durant l'olympiade, le reste aux Fédérations des sports olympiques et aux comités olympiques nationaux. Une petite partie enfin alimente les comptes du Comité international paralympique et de l'Agence mondiale antidopage (AMA).

Depuis 1984, les Jeux sont entrés dans l'ère du parrainage intensif, sous l'impulsion du président du CIO Juan Antonio Samaranch, stratège en matière de marketing. Quatre ans plus tard, le CIO inventait le programme TOP (pour The Olympic Partner).

Sous ce sigle sont réunis 11 parrains principaux dont Coca-Cola, Visa, Panasonic ou McDonald's, qui payent à prix d'or le droit d'utiliser pour quatre ans les cinq anneaux, propriété exclusive du CIO: 957 millions de dollars de péage (761 millions d'euros, soit environ 70 millions par société). C'est pour Vancouver-2010 et Londres-2012, plus de dix fois le droit d'entrée acquitté il y a une vingtaine d'années pour les Jeux de Séoul et Calgary.

Au second plan, en termes d'exposition, les comités d'organisation ont leur propres parraineurs. Les 7 partenaires et 7 supporteurs du Comité d'organisation londonien (Locog) n'espèrent pas moins que les TOP de leur investissement. Entreprises supranationales comme BP, British Airways ou la Lloyds, ou étrangères comme EDF ou BMW, elles acquièrent à plus bas prix le droit de s'associer aux anneaux, mais pour quinze jours seulement.

Aux termes d'un accord conclu dans les années 80, le Comité olympique américain (Usoc) perçoit 12,75% des droits TV générés aux Etats-Unis et surtout 20% des revenus marketing globaux, soit autant que tous les autres comités nationaux olympiques réunis.

Cet avantage négocié à l'époque où les parraineurs et les chaînes de télévision américaines généraient la quasi-totalité de la richesse olympique a été remis en cause par nombre de membres du CIO, notamment européens, et a conduit à l'isolement des Etats-Unis dans le mouvement olympique.

CIO et Usoc ont annoncé fin mai 2012 à Québec l'établissement d'un nouvel ordre financier entre eux, sans dévoiler beaucoup de détails mais qui devrait s'avérer toujours très favorable aux Américains.

cha/ol/jfm

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