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JO-2012 - L'avenir du stade olympique de Londres en suspens

03/07/2012 03:17 EDT | Actualisé 01/09/2012 05:12 EDT

Le stade olympique de Londres peine à trouver un repreneur et son avenir reste incertain en dépit des efforts de ses concepteurs pour éviter qu'il ne finisse comme tant d'"éléphants blancs" de précédentes olympiades.

Contrastant avec le gigantisme du "Nid d'oiseaux" des Jeux de Pékin, le stade olympique de Londres est de conception simple. D'un coût de 486 millions de livres (600 millions d'euros), il a été conçu comme une structure modulable afin de pouvoir être réutilisé après les Jeux.

Son étage supérieur, fait d'acier et de béton, héberge 55.000 places temporaires et peut être démantelé afin de réduire la capacité totale de 80.000 à 25.000 sièges.

Mais les négociations s'éternisent. Un premier appel d'offres, qui avait vu West Ham, le club de football de l'est de Londres, l'emporter contre Tottenham, son rival de la Premier League (1re div. anglaise), a échoué au terme d'une bataille juridique en octobre 2011.

Le processus a redémarré en janvier, dans le but de signer un bail de 99 ans commençant en 2014.

"Nous étions tous hantés par l'idée que notre stade puisse devenir un +éléphant blanc+", a indiqué à l'AFP Tessa Jowell, secrétaire d'Etat en charge des JO de 2005 (date à laquelle Londres a été choisie) à 2010.

"Nous avons envisagé un stade multi-fonctions, avec la piste d'athlétisme au coeur, de manière à maximiser les chances de réutilisation en permettant que s'y tiennent d'autres sports et activités", rappelle-t-elle.

Un stade de 80.000 places, susceptible d'être utilisé une fois par an pour de très gros événements, ne répondait pas aux critères de développement durable des organisateurs des Jeux.

Mais à quelques semaines des Jeux (27 juillet-12 août), alors même que la plupart des sites olympiques ont déjà leur avenir tracé, le sort du stade reste en suspens.

Trois prétendants ont confirmé leurs offres. Il s'agit de West Ham, d'un partenariat entre l'Université d'East London et l'Essex cricket club, et d'une société qui veut organiser dans le stade une course de Formule 1.

"Notre objectif reste de signer les contrats de reconversion du stade à la fin octobre", avait indiqué en mai Andrew Altman, le directeur général sortant de l'organisme chargé de l'"après-Jeux", la London Legacy Development Corporation.

Son départ programmé après les Jeux ne serait pas étranger aux difficultés pour céder le stade, selon The Daily Telegraph, pour qui "il paye le prix d'avoir échoué à assurer son avenir".

West Ham, qui avait gagné le précédent appel d'offres, semble en position de force pour l'emporter, conforté par son retour en mai dans la prestigieuse Premier League.

Le club reconnaît toutefois que ses supporteurs sont divisés sur l'opportunité de déménager de leur stade d'Upton Park, à 4 km du stade olympique.

Si dans le monde entier on joue au football dans des stades olympiques, où la pelouse est entourée par une piste d'athlétisme, ce n'est le cas pour aucune des 92 équipes majeures d'Angleterre, qui voient la proximité avec les spectateurs comme un élément essentiel de l'ambiance.

Le précédent projet de Tottenham impliquait de démolir le stade pour en reconstruire un autre, spécifiquement dédié au football, tout en respectant l'engagement de Londres de léguer une piste d'athlétisme en investissant dans le stade d'athlétisme de Crystal Palace, au sud de la capitale.

Mais en s'installant à 8 km de ses terres traditionnelles, Tottenham, club du nord de Londres, empièterait sur les terres de son concurrent West Ham (est londonien).

Reste que le stade doit accueillir les Championnats du monde d'athlétisme de 2017, avec une capacité qui reste à déterminer.

Au-delà, "je suis absolument sûre qu'une solution de long terme sera trouvée", estime Tessa Jowell, qui prédit que "à la même époque l'an prochain, on aura un locataire à long terme et que le stade sera en activité, probablement avec du foot, et aussi avec d'autres utilisations".

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