NOUVELLES

JO-2012 - Femmes: la parité, mais après ?

03/07/2012 04:16 EDT | Actualisé 01/09/2012 05:12 EDT

Grâce à l'introduction de la boxe, des femmes concourront à Londres dans toutes les disciplines pour la première fois de l'histoire des jeux Olympiques, alors que certains pays bloquent encore la participation d'athlètes féminines ou la conditionnent au port du voile.

Le CIO -assemblée de 85 hommes pour seulement 20 femmes- a beaucoup oeuvré pour parvenir à cette relative équité entre les genres sur les terrains, sous l'impulsion de son président Jacques Rogge qui aime à rappeler que son institution s'est ouverte aux femmes dès les Jeux de 1900, avant même que le droit de vote ne leur soit accordé par un pays industrialisé.

A Pékin, les femmes représentaient 42% des athlètes. Le ratio sera plus important à Londres et le CIO ne désespère pas de parvenir bientôt à une parité désormais inscrite comme principe dans la charte olympique, de même qu'il s'est fixé comme objectif un taux de 25% de représentantes féminines parmi ses membres.

Mais la parité de nombre ne doit pas masquer des discriminations persistantes. A moins d'un mois de l'ouverture des JO de Londres, le 27 juillet, le CIO "travaille toujours à ce que des représentantes d'Arabie Saoudite et du Brunei soient présentes à Londres", dit-on à Lausanne. Ces deux pays, plus le Qatar, qui a déjà annoncé la sélection de plusieurs athlètes féminines, sont les derniers à n'avoir jamais envoyé de femmes aux Jeux.

L'Arabie Saoudite, où le sport de compétition est strictement interdit aux femmes, n'a accepté que sous la pression du CIO et d'ONG de défense des droits de l'Homme de tolérer la présence d'une ou plusieurs de ses ressortissantes en Grande-Bretagne, "sans pour autant la cautionner", selon le prince Nawaf Ben Fayçal, chef du Comité olympique saoudien.

Reste désormais au CIO à dénicher une concurrente, après la non-sélection du meilleur espoir saoudien, la cavalière Dalma Rushdi Malhas, et sachant qu'en raison de sa taille le CNO saoudien ne peut bénéficier d'une invitation, usuellement réservée aux tout petits pays.

Le sort des femmes musulmanes fera d'ailleurs l'objet de toutes les attentions à Londres, où sera autorisé pour la première fois le port du hijab dans les compétitions de football.

Lors des JO, le CIO, qui interdit le port ostentatoire de tout signe religieux, délègue aux Fédérations des sports concernés la responsabilité de statuer sur le port du voile, considéré alors comme un signe "culturel". D'où la décision de la Fifa, au printemps dernier, d'autoriser pour la première fois le port du hijab aux Jeux de Londres, ce qui a fait bondir les féministes.

Là où l'ONU par exemple, qui a milité pour cette mesure, voit un progrès qui "permettra de faire disparaître une barrière", selon son conseiller spécial pour le sport Wilfried Lemke, les associations féministes dénoncent elles un "diktat des extrémistes religieux", selon les termes d'Annie Sugier, présidente de la Ligue internationale des droits de la Femme.

Pour les boxeuses, pour la parité, Londres marquera donc à coup sûr un progrès. Pour les femmes musulmanes, le débat est ouvert.

cha/ol/jcp

PLUS:afp