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Festival de jazz de montréal: le phénomène James Carter

03/07/2012 10:17 EDT | Actualisé 02/09/2012 05:12 EDT
AFP

MONTRÉAL - Le redoutable musicien américain James Carter, élu meilleur saxophoniste (il maîtrise l'alto, le soprano, le ténor et le baryton) par le magazine Down Beat, était au Club Soda, mardi soir, dans le cadre du Festival de jazz de Montréal après quatre ans d'absence. Accompagné cette fois-ci de Gerard Gibbs au Hammond B3, Leonard King Jr. à la batterie et Mark Whitfield à la guitare électrique, le sympathique phénomène présentait notamment son dernier album At the Crossroads, paru en 2011.

Tout sourire, Carter a d'abord salué l'audience et présenté ses musiciens avant de commencer avec un morceau extrêmement vivifiant, qui n'a donné aucune seconde de répit. Plus intimiste et atmosphérique, la pièce suivante a s'est accélérée vers la fin donnant l'espace nécessaire à King pour faire valoir son génie musical dans un long solo décapant.

Après, retour aux lignes de saxophone, empreintes de sensualité folle et de délire vertigineux... Vraiment, ici, les mots sont insuffisants. Et que dire de l'échange à répondre entre le saxophone et le B3, sinon que l'ingéniosité et l'inventivité dans le cas de Carter n'ont que très peu de frontières !

À la flûte traversière, ce dernier a ensuite introduit la prochaine pièce, dans laquelle le batteur chantera quelques phrases telles que « Please, look down and see my people », démonstration éloquente d'une balade jazz de cabaret, persillée d'ambiances soul. Somptueuse finale au saxophone.

Le blues

La chanteuse Miche Braden (vedette du croustillant concert à mi-chemin entre la comédie musicale et le one man show The Life and Blues of Bessie Smith) a fait son apparition sur scène pour interpréter quelques chansons blues dont la fameuse Ramblin' Blues, un passage qui a semblé grandement plaire aux spectateurs. Il faut admettre que la grande femme noire en impose avec sa forte voix, son humour décapant et sa légère excentricité.

En finale, la géniale Walking the Dog, de Jack McDuff, interprétée de manière enjouée avec d'excellents rythmes provenant de tous les musiciens et durant laquelle Braden a poussé une série de puissantes vocalises.

L'orgue et le saxophone forme un assemblage d'une grande efficacité. On aurait d'ailleurs pu croire que le B3 de Leonard King et l'instrument de Carter étaient construits du même moule. Association à la fois parfaite pour les langoureux morceaux ou les envolées explosives. Et même si les arrangements sont souvent complexes et intenses, le geste et l'interprétation des deux musiciens sont demeurées gracieux, tout comme leurs deux autres acolytes. Ajoutons à cela le charisme attachant du leader, puis de très cool moments d'improvisation, et ça donne un spectacle singulier fort agréable.

Vraiment, un beau concert jazz de la cuvée festivalière 2012.

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