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Génocide: Kigali veut des mesures plus sérieuses pour arrêter trois fugitifs

03/07/2012 09:45 EDT | Actualisé 02/09/2012 05:12 EDT

Le procureur général du Rwanda, Martin Ngoga, a demandé mardi à l'ONU de prendre "des mesures plus sérieuses" si elle dispose de "preuves irréfutables" de la présence de Félicien Kabuga, fugitif rwandais le plus recherché par la justice internationale, sur le sol d'un Etat membre.

La responsabilité de traquer le richissime homme d'affaires rwandais, argentier présumé du génocide de 1994, incombe désormais au Mécanisme des tribunaux pénaux internationaux (MTPI) qui a officiellement démarré ses activités lundi à Arusha, en Tanzanie.

Le Mécanisme hérite cette tâche du Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR), qui garde d'autres fonctions jusqu'à sa fermeture, prévue fin 2014.

"S'il y a des preuves irréfutables de sa présence sur le sol d'un Etat membre, des mesures plus sérieuses devraient être prises par le Conseil de sécurité", a déclaré M. Ngoga dans un entretien à l'AFP.

"Il faut qu'il y ait une nouvelle stratégie, une nouvelle approche, un changement de méthodes, de langage et de tactique," a poursuivi le procureur général.

Pour lui, le Conseil de sécurité des Nations unies s'est contenté jusqu'à présent, dans ses résolutions concernant M. Kabuga et deux autres fugitifs de haut niveau, d'"exhorter" les Etats à mettre la main sur ces accusés.

Ces deux autres fugitifs "de haut niveau", selon les propres termes du procureur du MTPI, Hassan Bubacar Jallow, sont l'ex-ministre de la Défense Augustin Bizimana et le major Protais Mpiranya, qui commandait la garde du président Juvénal Habyarimana.

Selon des sources au sein du MTPI, M. Kabuga continuerait à mener des affaires prospères au Kenya, le major Mpiranya bénéficierait de la protection de hauts responsables zimbabwéens tandis que M. Bizimana se cacherait en République démocratique du Congo (RDC).

Pour M. Jallow, justice n'aura pas été rendue si ces personnalités ne sont pas arrêtées et jugées.

Le TPIR doit terminer toutes les affaires dont il est actuellement saisi en première instance et en appel, et a jusqu'au 31 décembre 2014 pour déposer son bilan.

Le Mécanisme des tribunaux pénaux est quant à lui mis en place pour une durée initiale de 4 ans, mais pourra poursuivre au-delà si ses travaux l'exigent.

er/aud/hba

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