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Europe: fuite d'une vidéo citant l'observation d'une nouvelle particule clé

03/07/2012 08:33 EDT | Actualisé 02/09/2012 05:12 EDT

Une vidéo publiée brièvement par erreur mardi sur le site de l'Organisation européenne pour la recherche nucléaire (Cern) cite l'observation d'une nouvelle particule d'une masse proche de celle où se situerait le boson de Higgs, chaînon manquant de la physique moderne.

Cette vidéo, initialement découverte par la revue américaine Science News qui l'a mise en ligne sur son site internet, montre le physicien Joe Incandela de l'Université de Californie, porte-parole de l'une des deux équipes traquant la particule élémentaire du boson de Higgs au Cern, déclarer: "Nous avons observé une nouvelle particule et nous avons des indications assez fortes qu'il y a quelque chose".

Le Cern doit faire une annonce très attendue, mercredi à 07H00 GMT, sur les derniers résultats de l'analyse des données produites par les centaines de millions de collisions de protons dans le Grand Collisionneur de Hadrons (LHC) --le plus puissant accélérateur de particules au monde-- dans la traque du célèbre boson.

Joe Incandela explique aussi dans la vidéo que la particule en question se détériore rapidement en deux photons, d'une manière correspondant à celle du boson de Higgs.

Le scientifique ajoute que sa masse est 130 fois celle d'un proton, soit légèrement plus que les observations précédentes du Cern qui faisaient état d'une masse de 125 gigaélectron-volts (GeV).

"Ceci est très significatif... Cette particule est la plus massive qui existe et si nous confirmons tout cela, ce que nous ferons je pense, cela pourrait s'avérer être l'une des plus grandes découvertes ou observations de nouveaux phénomènes dans notre champ de recherche depuis les 30 ou 40 dernières années", s'enthousiasme Joe Incandela.

Si les caractéristiques de cette particule correspondent aux prédictions de certaines théories à la frontière de la physique, "nous serions alors véritablement en présence de quelque chose d'étroitement lié à la fabrique de l'espace-temps, qui est fondamental pour l'univers et qui représenterait une découverte majeure aussi importante que celle des quarks, voire peut-être de l'antimatière", poursuit le chercheur.

Selon une porte-parole du Cern, Corinne Pralavorio, citée par Science News, cette vidéo n'est qu'une parmi tant d'autres réalisées pour couvrir différents scénarios possibles concernant une éventuelle annonce sur le boson de Higgs. Et elle n'était pas supposée se retrouver sur internet.

"Même nous, au service de presse du Cern, nous ne savons pas ce qui va être annoncé demain", a-t-elle dit.

Le physicien américain Peter Woit, de l'Université Columbia à New York, écrit sur son site "Not Even Wrong", où il publie également un lien pour accéder à la vidéo, que Joe Incandela parle "d'observation" et non de "découverte". Ceci indique, selon lui, que le Cern a jugé que le critère pour parler de découverte n'a pas encore été rempli.

Ce critère, qui en jargon scientifique est de "5 sigma", signifie que la probabilité d'erreur est encore trop élevée, de plus d'une chance sur 3,5 millions.

La particule de Higgs est la clé de voûte jamais observée de la théorie du "Modèle standard de la physique des particules", élaborée dans les années 60 pour décrire la structure fondamentale de la matière visible dans l'univers.

Selon ce modèle, le boson de Higgs explique pourquoi des particules sont dotées d'une masse. Sa détection validerait donc cette théorie.

Le physicien britannique Peter Higgs avait émis l'hypothèse, en 1964, de l'existence de cette particule à laquelle il a donné son nom.

js/sam

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