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Colombie-Britannique: déclin de la population adulte de saumons sockeye

03/07/2012 05:28 EDT | Actualisé 02/09/2012 05:12 EDT

VANCOUVER - Le frai de saumon sockeye au large de la Colombie-Britannique et de deux États américains produit un nombre décroissant d'adultes, surtout depuis 20 ans, démontre une nouvelle étude.

La recherche de l'université Simon Fraser, publiée mardi dans le dernier numéro du Journal canadien des sciences halieutiques et aquatiques, signale que durant les années 1960, chaque ponte produisait une vingtaine de saumons sockeye adultes. Au milieu de la dernière décennie, ce nombre chutait à trois.

Les auteurs de l'étude, Randall Peterman et Brigitte Dorner, précisent que cette tendance a été observée dans les eaux s'étendant entre l'État de Washington et la péninsule du Yakutat, en Alaska, mais que celles du centre et de l'ouest de l'Alaska semblent avoir été épargnées.

Dans certains secteurs, les populations sont même tombées sous le seuil de renouvellement d'un adulte par saumon rouge qui se reproduit. Et puisque les saumons sockeye jouissent d'une grande capacité d'adaptation, ce déclin pourrait indiquer un problème avec l'écosystème, a estimé M. Peterman.

«Les gens qui se fient sur le saumon pour leur gagne-pain, ou les premières nations qui les utilisent pour se nourrir ou à des fins sociales ou cérémoniales, accordent une grande importance aux populations de sockeye, et il est donc important d'assurer leur survie, a ajouté M. Peterman, qui a réalisé l'étude en compagnie de Mme Dorner, une boursière post-doctorale. De plus, il y a des préoccupations très pressantes concernant la viabilité à long terme d'autres populations de saumons, d'autres espèces.»

L'étude a tout d'abord été réalisée pour la commission d'enquête Cohen, mise sur pied pour faire la lumière sur l'effondrement, en 2009, de la migration des saumons sockeye du fleuve Fraser. Des données portant sur la productivité de 64 populations de saumon au Canada et aux États-Unis entre 1950 et 2009 avaient été analysées.

Les chercheurs ont constaté que le déclin des populations de sockeye du fleuve Fraser n'était pas unique et se produisait à plus grande échelle qu'on ne le croyait. M. Peterman a précisé que si les données étudiées s'étalent sur 60 ans, c'est surtout au cours des deux dernières décennies que le déclin a été observé.

Certains experts ont attribué le problème à une dégradation de l'environnement et à une pollution régionale. Cela est peu probable, a dit M. Peterman, puisque le phénomène a été observé autant dans des secteurs vierges que dans des secteurs très perturbés.

«Ça semble donc indiquer que les agents étiologiques sont plus vraisemblablement des pathogènes, la présence en plus grand nombre de prédateurs ou une réduction des sources de nourriture, ou une combinaison de tous ces facteurs», a-t-il dit.

La recherche doit se poursuivre si l'on veut que les agences gouvernementales responsables de la gestion de l'espèce puissent élaborer un plan d'intervention approprié, a prévenu M. Peterman.

«Notre recherche met en évidence des mécanismes que d'autres chercheurs devraient étudier, à savoir des mécanismes qui sont présents dans des régions où plusieurs populations de poissons se chevauchent, ou des régions où l'on retrouve au moins des facteurs océanographiques ou climatiques multirégionaux susceptibles de toucher plusieurs populations simultanément», a-t-il expliqué.

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