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Analgésique: l'opioïde synthétique méthadone lié à 30% des décès par surdose

03/07/2012 06:31 EDT | Actualisé 02/09/2012 05:12 EDT

La méthadone, un opioïde analgésique synthétique, est lié à 30% des décès par surdose d'anti-douleur aux Etats-Unis, selon une étude des Centres fédéraux de contrôle et de prévention des maladies (CDC) publié mardi.

La méthadone comptait pour 2% des anti-douleurs prescrits aux Etats-Unis en 2009 mais a été responsable de 30% des décès par surdoses d'analgésiques durant cette même période, précise les CDC dans son rapport.

Les chercheurs ont analysé les données nationales sur la période 1999-2010.

Ils ont également examiné les données pour 2008 dans 13 Etats couverts par un système de surveillance des décès liés aux drogues.

La méthadone présente davantage de risques que les autres analgésiques car il a tendance à s'accumuler dans l'organisme et peut aussi perturber le système respiratoire et le rythme cardiaque.

Selon le rapport des CDC, quatre décès sur dix consécutifs à une surdose d'anti-douleur prescrit une fois sont provoqués par la méthadone, deux fois plus que tout autre analgésique.

La méthadone a été utilisée sans problèmes et efficacement pendant des décennies pour traiter la dépendance aux opioïdes mais depuis ces dernières années ce médicament est de plus en plus prescrit comme anti-douleur.

Alors que les ordonnances pour de la méthadone prescrites par les médecins pour traiter la douleur ont augmenté, le nombre de surdoses et de décès consécutifs à un usage non médical de cet opioïde synthétique s'est nettement accru.

Les auteurs de ce rapport aux CDC ont découvert que six fois plus de personnes sont décédées de surdoses de méthadone en 2009 qu'en 1999.

"Les décès par surdoses d'opioïdes ont été multipliés par quatre au cours des dix dernières années et la méthadone compte désormais pour près d'un tiers de ces morts", souligne le Dr Thomas Frieden, directeur des CDC.

"La méthadone utilisée comme un substitut de l'héroïne dans le traitement des drogués ne paraît pas être une partie majeure de ce problème", ajoute-t-il.

"Mais les doses de méthadone prescrites pour traiter des personnes avec des douleurs ont fortement augmenté", souligne ce médecin notant "qu'il existe de nombreuses alternatives plus sûres que la méthadone pour traiter des douleurs chroniques non liées à un cancer".

Malgré de récents efforts des autorités sanitaires fédérales pour mettre en garde les médecins contre les dangers de la méthadone, le nombre d'ordonnances prescrites n'a pas diminué de façon notable, indiquent les CDC.

La plupart de ces ordonnances sont le fait de médecins qui souvent n'ont pas de formation pour le traitement des douleurs chroniques.

"La méthadone continue à jouer un rôle important dans le traitement de la dépendance à la drogue et ne devrait pas voir son usage limité pour cet usage", insiste le Dr Linda Degutis, directrice du centre national de la prévention et du contrôle des blessures au CDC.

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