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Alpha Condé promet des élections en Guinée, veut une action ferme au Mali

03/07/2012 10:34 EDT | Actualisé 02/09/2012 05:12 EDT

Le président guinéen Alpha Condé, souhaitant la tenue d'élections législatives "avant la fin de l'année" en Guinée, a plaidé pour une intervention régionale dans le Nord-Mali après l'installation d'un "gouvernement d'union nationale" à Bamako, dans un entretien mardi à l'AFP.

Le président de Guinée a aussi établi une distinction claire entre les rebelles touareg indépendantistes du Mouvement national de libération de l'Azawad (MNLA) et les groupes islamistes présents dans le Nord-Mali.

A l'issue d'une visite de travail de cinq jours en France, l'ancien opposant guinéen s'est réjoui de "la nouvelle page qui s'ouvre dans les relations entre la France et l'Afrique" avec l'élection en mai du socialiste François Hollande à la présidence française.

Alpha Condé, qui a rencontré lundi soir le président français, s'est dit déterminé à "en finir avec la transition" initiée dans son pays après le départ du pouvoir de la junte, après 50 ans de dictatures militaires.

Très critiqué pour les reports successifs des législatives, qui devaient se tenir dans les six mois suivant son investiture (le 21 décembre 2010), le président a dit espérer un scrutin "avant la fin de la saison des pluies" (en septembre). "On fera tout pour que ce soit avant la fin de l'année", a-t-il assuré.

Mais surtout, le président guinéen est apparu préoccupé par la situation "catastrophique" chez son voisin malien.

"Je suis venu demander à la France qu'elle fasse tout son possible, use de son influence, pour faire accélérer les choses au Conseil de sécurité. Il faut adopter rapidement une résolution qui autorise une force africaine au Mali", a-t-il expliqué.

Le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, a dit mardi qu'il avait "bon espoir" de voir adoptée une telle résolution.

A l'unisson de ses pairs de la Communauté des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cédéao), le président guinéen pose comme préalable à une intervention militaire l'installation d'un "gouvernement d'union nationale" à Bamako.

Ce gouvernement "aura la légitimité pour demander l'intervention des troupes africaines au nord. On ne peut pas résoudre le problème du nord si on ne résout pas d'abord le problème de Bamako", a-t-il affirmé.

Un mini-sommet de chefs d'Etat ouest-africains avec des représentants de la classe politique et de la société civile du Mali aura lieu samedi à Ouagadougou afin de mettre en place un "gouvernement d'union nationale" dans ce pays.

"Nous distinguons deux choses au Mali: le MNLA qui a une revendication identitaire. Il n'est pas question de faire la guerre avec eux. (Mais) toutes les autres forces, à partir du moment où elles sont terroristes, nous devons les combattre", a aussi souligné le président guinéen.

Interrogé pour savoir si les combattants du MNLA qui seraient prêts à appuyer une force d'intervention régionale seraient bien accueillis, il a répondu: "Bien sur, ils sont maliens".

Alors que son pays sort de décennies de dictatures militaires, Alpha Condé a insisté sur la nécessité d'"aider l'armée malienne à se reconstituer".

"Une intervention se fera nécessairement avec l'armée malienne", a-t-il dit, conscient qu'une force entièrement étrangère serait perçue comme une force d'occupation par des Maliens déjà meurtris et "très nationalistes".

L'aide occidentale, et celle de la France en premier lieu, sera bienvenue au plan "logistique" mais "il n'y aura sur le terrain que des troupes africaines", a-t-il précisé.

Dans son pays, il se targue d'avoir en un an et demi mené une ambitieuse réforme de l'armée: "J'ai mis 4.000 militaires à la retraite, réalisé un recensement biométrique, délocalisé les armes lourdes qui étaient à Conakry".

Son principal chantier, après la révision des contrats miniers, demeure "la réforme de la justice", un secteur où "tout reste à faire", a reconnu l'ancien opposant.

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