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Tunisie: un ministre dément le limogeage du gouverneur de la banque centrale

02/07/2012 05:40 EDT | Actualisé 01/09/2012 05:12 EDT

Le ministre tunisien des Affaires économiques a démenti lundi le limogeage du gouverneur de la Banque centrale de Tunisie (BCT), Mustapha Kamel Nabli, annoncé ces derniers jours par la présidence de la République dans un climat de tension au sein du pouvoir.

Dans un entretien à l'Associated Press, Ridha Saïdi a assuré qu'il y avait eu juste des discussions sur le rôle du gouverneur de la BCT entre le chef de l'Etat, le Premier ministre et le président de l'Assemblée constituante.

Le président Moncef Marzouki "était déterminé à limoger M. Nabli, mais le chef du gouvernement", l'islamiste Hamadi Jebali, "n'était pas d'accord. Il a y eu des discussions mais pas de décision prise", a précisé M. Saïdi.

Selon lui, l'annonce de ce limogeage était liée à l'extradition la semaine dernière vers Tripoli de l'ancien Premier ministre libyen Baghdadi Mahmoudi. "C'était une réaction du chef de l'Etat qui considérait que l'extradition était une décision unilatérale prise par le chef du gouvernement", a-t-il reconnu.

Cette affaire illustre les tensions nées au sein de la troïka au pouvoir, issue des élections d'octobre dernier. Elle regroupe le parti islamiste modéré Ennahdha, large vainqueur du scrutin, allié avec deux formations de centre-gauche: le Congrès pour la République (CPR) de M. Marzouki et Ettakatol (Forum démocratique pour le travail et les libertés) de Mustapaha Ben Jaâfar qui préside l'Assemblée constituante.

M. Saïdi a observé qu'après le refus du président Marzouki de signer le décret d'extradition de l'ancien dignitaire libyen, le tribunal administratif avait tranché en jugeant que le Premier ministre Jebali était habilité à prendre cette décision. Le ministre a toutefois fait état de discussions en cours avec le CPR de M. Marzouki "pour calmer la situation et trouver un compromis". AP

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