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Syrie: l'ONU dénonce de nouvelles violations des droits de l'homme

02/07/2012 02:21 EDT | Actualisé 01/09/2012 05:12 EDT

Le gouvernement syrien et les forces de l'opposition sont coupables de nouvelles violations "graves" des droits de l'homme en s'en prenant notamment à des hôpitaux, a dénoncé lundi la Haut-commissaire de l'ONU pour les droits de l'homme Navi Pillay.

S'exprimant devant la presse après avoir fait un exposé devant les 15 pays membres du Conseil de sécurité, Mme Pillay a renouvelé son appel à porter le conflit syrien devant la Cour pénale internationale, "étant donné que je crois qu'il y a des indications de crimes contre l'humanité". Elle a toutefois reconnu qu'il s'agissait d'une décision "politique".

Selon Mme Pillay, l'ONU a constaté "de graves violations des droits de l'homme à la fois par les forces gouvernementales et par celles de l'opposition", les deux camps s'étant rendus coupables "d'actions portant atteinte aux civils".

"Il y a un risque d'escalade", a estimé Mme Pillay, ajoutant: "La fourniture d'armes au gouvernement syrien et aux opposants alimente la violence et il faut éviter à tout prix une militarisation supplémentaire du conflit".

Elle n'a pas cité les pays armant les deux camps. La Russie et l'Iran sont les principaux fournisseurs d'armes au régime syrien tandis que des pays du Golfe se sont déclarés prêts à équiper l'opposition armée.

Selon une copie de son discours devant le Conseil obtenue par l'AFP, Mme Pillay a souligné que le conflit en Syrie, qui entre dans son 16ème mois, devenait "de plus en plus interconfessionnel".

Elle a indiqué que des centaines de civils restaient bloqués à Deir Ezzor et dans la vielle ville de Homs (centre) "en raison de l'utilisation croissante d'armements lourds, de bombardements par l'artillerie et d'escarmouches armées".

Des hélicoptères ont tiré "aveuglément" sur des civils à Deir Ezzor, faisant de nombreuses victimes, a-t-elle encore déclaré au Conseil.

Evoquant les observateurs de l'ONU, dont le mandat arrive à expiration le 20 juillet, elle a estimé que leur "présence dans le pays demeurait vitale". Elle a plaidé pour que le Conseil de sécurité "renforce le mandat de l'UNSMIS (Mission de supervision de l'ONU) pour lui permettre de rendre compte efficacement de la situation des droits de l'homme" en Syrie. La mission de ces 300 observateurs militaires non armés est suspendue en raison des combats.

Détaillant les exactions des deux camps, elle a indiqué que le gouvernement était responsable d'avoir "bombardé de manière aveugle les zones civiles, mené des assassinats ciblés de partisans de l'opposition", ainsi que d'actes de torture, de détentions arbitraires et "d'attaques contre des hôpitaux et des cliniques".

Côté opposition, elle a dénoncé des "assassinats de personnes suspectées d'être des indicateurs ou de collaborer" avec le gouvernement. Elle a aussi indiqué qu'il y avait "des informations crédibles que des groupes armés ont investi au moins un établissement médical" pour s'en servir "pour des motifs militaires".

avz/bdx

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