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Nord-Mali: les islamistes détruisent l'entrée d'une mosquée à Tombouctou

02/07/2012 05:03 EDT | Actualisé 31/08/2012 05:12 EDT

Les islamistes qui contrôlent Tombouctou (nord du Mali) y ont détruit lundi matin la porte d'entrée d'une mosquée après avoir démoli pendant le week-end sept des seize mausolées de saints musulmans de la ville, ont rapporté des témoins à l'AFP.

"Les islamistes viennent de détruire l'entrée de la mosquée Sidi Yeyia de Tombouctou", située dans le sud de la ville, "ils ont arraché la porte sacrée qu'on ouvrait jamais", a affirmé un de ces témoins, information confirmée par d'autres habitants de Tombouctou.

L'un d'eux, ancien guide touristique de la ville a déclaré: "Ils sont venus avec des pioches, ils ont commencé par crier +Allah+ et ils ont cassé la porte. C'est très grave. Parmi les civils qui regardaient ça, certains ont pleuré".

Un membre de la famille d'un imam qui a affirmé avoir discuté avec les islamistes du groupe armé Ansar Dine (Défenseurs de l'islam) qui imposent leur loi dans la ville depuis trois mois, a dit qu'ils avaient agi ainsi car "certains disaient que le jour où on ouvrirait cette porte, ce serait la fin du monde et ils ont voulu montrer que ce n'est pas la fin du monde".

La porte située côté sud de la mosquée de Sidi Yeyia est fermée depuis des décennies, car selon des croyances locales, son ouverture éventuelle porterait malheur. Cette porte conduit vers un tombeau de saints et si les islamistes l'avaient sû, "ils auraient tout cassé", selon un autre témoin.

Après les mausolées de saints, Ansar Dine avait menacé ce week-end de s'en prendre aux mosquées de la ville, affirmant agir ainsi "au nom de Dieu" et en représailles à la décision de l'Unesco, le 28 juin, d'inscrire Tombouctou sur la liste du patrimoine mondial en péril.

L'agence onusienne a estimé que la présence des islamistes mettait en danger cette ville mythique, surnommée "la cité des 333 saints" en référence aux personnages vénérés de son passé qui y gisent.

Fatou Bensouda, procureur de la Cour pénale internationale (CPI), a déclaré dimanche à Dakar que la destruction de biens religieux à Tombouctou pouvait être considérée comme "crime de guerre" passible de poursuite.

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