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Libération des quatre humanitaires enlevés au Kenya, dont 2 Canadiens

02/07/2012 04:19 EDT | Actualisé 31/08/2012 05:12 EDT

NAIROBI, Kenya - Les deux Canadiens qui se trouvaient parmi les travailleurs humanitaires enlevés vendredi dernier dans une attaque meurtrière au Kenya possèdent une solide expérience dans le domaine et savaient qu'ils faisaient face à certains risques, a soutenu l'un des directeurs de leur organisation.

Qurat-Ul-Ain Sadazai, une résidante de Gatineau, et Steven Dennis, domicilié à Toronto, ont été ramenés par hélicoptère avec leurs deux autres collègues à Nairobi, la capitale kényane, lundi.

C'est une milice pro-gouvernementale de la Somalie qui a secouru les quatre travailleurs, kidnappés vendredi dernier avant d'être emmenés en territoire somalien. L'enlèvement a coûté la vie à l'un de leurs chauffeurs, en plus de blesser deux autres personnes.

«Les endroits où les réfugiés ont besoin d'aide humanitaire sont très souvent des zones à haut risque», a affirmé Rolf Vestvick, l'un des cadres du Conseil norvégien pour les réfugiés (CNR), basé à Oslo.

«C'est quelque chose que savent tous ceux qui travaillent dans le domaine», a-t-il poursuivi.

Qurat-Ul-Ain Sadazai, âgée de 38 ans, a passé plusieurs années dans des zones parmi les plus dangereuses du pays.

Mme Sadazai, originaire du Pakistan, était de retour au Kenya depuis février, afin d'endosser le rôle de directrice adjointe des opérations du CNR en Somalie et au Kenya. Elle y avait déjà travaillé entre 2007 et 2010, quittant le pays pendant quelques années pour diriger les opérations de l'agence à Peshawar, au Pakistan.

Steve Dennis, âgé de 37 ans, était relativement nouveau au sein du CNR, mais il avait déjà travaillé pour l'organisation au Kenya pendant la dernière année. Il a lui aussi un solide bagage en travail humanitaire et a accumulé les expériences au sein d'autres organisations, notamment Médecins sans frontières.

M. Dennis et Mme Sadazai ont été enlevés dans le camp de réfugiés Dadaab, situé dans l'est du Kenya et près de la frontière somalienne, de même que la Norvégienne Astrid Sehl, âgée de 33 ans, et le Philippin Glenn Costes, âgé de 40 ans.

Souriants et saluant de la main tandis que leur hélicoptère militaire touchait terre, les quatre travailleurs ont été ramenés dans la capitale kényane lundi après qu'une milice pro-gouvernement de la Somalie les eut libérés.

«Nous sommes heureux. Nous sommes de retour. Nous sommes en vie et nous sommes heureux que ce soit terminé», a lancé Mme Sadazai à sa sortie de l'appareil.

Les autorités canadiennes se sont dites soulagées par la bonne nouvelle lundi, remerciant les responsables kényans et somaliens de les avoir assistés dans la gestion de cette crise.

Un porte-parole du ministère des Affaires étrangères à Ottawa, Jean-Bruno Villeneuve, a indiqué dans un courriel que le haut-commissariat du Canada à Nairobi fournirait de l'aide aux travailleurs canadiens.

La secrétaire générale du CNR, Elisabeth Rasmusson, a exprimé son soulagement en point de presse à Oslo. Elle était présente lors de l'incident mais n'a pas été blessée ni enlevée par le groupe armé.

Abdinasir Serar, un porte-parole de la milice Ras Kamboni en Somalie, a indiqué que son groupe avait décidé de pourchasser les kidnappeurs après avoir entendu parler de l'enlèvement. Ils les ont retracés lundi matin à environ 60 kilomètres à l'intérieur des terres de la Somalie, et l'un des kidnappeurs a été tué par balles dans l'opération de libération.

Les quatre hommes armés avaient attaqué vendredi dernier un convoi de deux véhicules du Conseil norvégien pour les réfugiés. Ils ont ensuite pris la fuite avec l'un des véhicules et quatre travailleurs à son bord. Le groupe a plus tard abandonné le véhicule, forçant une marche avec les otages vers la frontière somalienne.

Mme Rasmusson a indiqué que l'attaque de vendredi était survenue sur une route principale qui mène à la ville de Dadaab, ajoutant que le convoi se trouvait dans une «zone considérée sécuritaire du camp» au moment de l'incident.

Un commandant de la police kényane a précisé que les travailleurs avaient d'abord convenu qu'ils seraient escortés par des hommes armés dans leur déplacement, mais qu'ils avaient changé d'avis peu avant leur départ.

Plus grand camp de réfugiés du monde, Dadaab accueille près de 500 000 Somaliens.

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