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Les membres de la CPI retenus en Libye ont été libérés

02/07/2012 07:42 EDT | Actualisé 01/09/2012 05:12 EDT

TRIPOLI, Libye - Quatre membres de la Cour pénale internationale (CPI) qui étaient retenus en Libye depuis 26 jours ont été libérés lundi. Ils sont soupçonnés par les autorités d'avoir partagé avec le fils de l'ancien dictateur Mouammar Kadhafi des documents qui pouvaient mettre en danger la sécurité nationale.

Le président de la CPI, le Sud-Coréen Sang-Hyun Song, s'est rendu sur place pour leur libération. Il s'est excusé auprès du gouvernement libyen et a promis d'enquêter sur les accusations visant ces membres de la CPI.

«La CPI remercie les autorités libyennes d'avoir accepté aujourd'hui de libérer les membres du personnel de la cour afin que ces derniers puissent retrouver leurs familles», a déclaré Sang-Hyun Song.

Les membres de la CPI devaient quitter la Libye pour l'Italie en fin de journée, a affirmé le vice-ministre libyen des Affaires étrangères, Mohammed Abdel-Aziz.

Leur libération a beaucoup trop tardé, selon Richard Dicker, directeur des programmes de justice internationale de l'ONG Human Rights Watch. Si la Libye avait des doutes quant à leur conduite, elle aurait dû déposer une plainte directement auprès de la CPI, estime-t-il.

«Il est inacceptable que le personnel de la CPI soit détenu pendant près d'un mois alors que la Libye n'avait aucun droit de le faire», a-t-il dénoncé dans un courriel envoyé à l'Associated Press.

Ce sentiment est partagé par Amnistie internationale, qui a exhorté le tribunal à enquêter sur la légalité de cette détention et sur les allégations des autorités libyennes.

Le procureur libyen chargé du cas du fils de Mouammar Kadhafi avait annoncé plus tôt dans la journée l'imminence de leur libération. Selon Ahmed al-Jehani, qui représente également les intérêts de Tripoli à la CPI de la Haye, les quatre membres de la CPI, qui sont en bonne santé, ont été libérés parce qu'ils bénéficient de l'immunité diplomatique.

Les autorités libyennes avaient assigné à domicile l'avocate de la CPI Melinda Taylor et son interprète libanais après leur visite à Saïf al-Islam Kadhafi, emprisonné à Zenten (ouest), parce qu'ils étaient soupçonnés d'avoir partagé avec lui des documents susceptibles de mettre en danger la sécurité nationale.

Le gouvernement libyen conteste officiellement la compétence de la CPI pour juger Saïf al-Islam, accusé de crimes contre l'humanité, et affirme que son procès doit se tenir en Libye.

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