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Les enfants nés à terme et après terme auraient moins de difficultés à l'école

02/07/2012 11:07 EDT | Actualisé 01/09/2012 05:12 EDT

CHICAGO - Naître après terme pourrait avoir des conséquences positives sur le développement du cerveau, selon une étude publiée lundi aux États-Unis.

Le terme est généralement fixé entre la 37e et la 41e de grossesse. Les bébés nés avant 37 semaines sont des prématurés. Le risque essentiel est la survenue de séquelles.

L'étude, publiée sur le site Internet de la revue «Pediatrics», concerne 128 000 enfants d'environ huit ans scolarisés en école publique à New York, dont un nombre important d'élèves issus de familles défavorisées.

Les enfants de l'étude étaient tous nés à terme, et la majorité ont bien réussi leurs tests scolaires.

Les différences étaient minimes, mais les chercheurs ont observé que les petits nés à 37 ou 38 semaines de grossesse avaient moins bien réussi que ceux qui avaient vu le jour une semaine ou deux plus tard.

Selon les chercheurs et d'autres experts, ces résultats laissent supposer qu'une redéfinition de la prématurité devrait être envisagée. Ils suscitent en outre des interrogations sur les césariennes ou déclenchements de confort.

Les femmes devraient «au moins réfléchir attentivement avant de choisir d'accoucher avant terme», a expliqué l'un des auteurs de l'étude, le Dr Kimberly Noble, professeure adjointe de pédiatrie au centre médical de l'université de Columbia.

Ainsi, 2,3 pour cent des enfants nés à 37 semaines de grossesse présentaient des difficultés pour la lecture et 1,1 pour cent avaient des problèmes au moins modérés en mathématiques, contre 1,8 et 0,9 pour cent dans le cas des élèves nés à 41 semaines. La différence était nettement plus minime avec les enfants nés à 38 semaines.

Un enfant né à 37 semaines aura ainsi plus de mal à apprendre à lire qu'un autre élève né à 41 semaines: le risque est 33 pour cent plus élevé. Même scénario avec les mathématiques, avec un risque accru de 19 pour cent.

Cette étude «va faire grand bruit», observe le Dr Judy Aschner, professeure de pédiatrie et directrice du service de néonatalogie au centre médical de l'université Vanderbilt.

«Il y a encore beaucoup de bébés qui naissent, de façon plus ou moins programmée, à 37 et 38 semaines, avec des gens qui pensent 'Ce n'est pas un problème, ces bébés sont à terme'. Je pense que c'est un problème», ajoute le médecin, qui n'a pas participé à l'étude.

Pour autant, il ne s'agit pas d'essayer de retarder l'accouchement chez les femmes dont les contractions ont débuté à 37 ou 38 semaines, ajoute le Dr Aschner. «Je ne veux pas paniquer les mamans dont les bébés arrivent à 37 semaines, mais ces accouchements déclenchés prématurément doivent vraiment cesser», a-t-elle précisé.

Dans le cadre de l'étude, 15 pour cent des enfants étaient nés par césarienne, mais il n'était pas précisé s'il s'agissait d'accouchements de confort ou pour raison médicale.

Les chercheurs ont pris en compte certains facteurs de risques, notamment un faible poids à la naissance, l'absence de soins prénataux, le tabagisme de la femme enceinte et la pauvreté, mais cela n'a pas modifié leurs résultats.

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