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Le président de la CPI en Libye dans l'espoir de la libération de son équipe

02/07/2012 08:28 EDT | Actualisé 01/09/2012 05:12 EDT

Le président de la Cour pénale internationale (CPI) est arrivé lundi en Libye, où les autorités devraient libérer sous peu quatre membres de la CPI arrêtés après avoir rendu visite en prison le 7 juin au fils du défunt dictateur libyen Mouammar Kadhafi.

Le juge sud-coréen Sang-Hyun Song, qui préside la CPI, est arrivé à l'aéroport militaire de Tripoli, Metiga, à 12H45 (10H45 GMT), a indiqué un photographe de l'AFP, et il a été accueilli par une délégation libyenne, dont le ministre de la Justice Ali H'mida Achour.

M. Song devait ensuite se rendre directement dans la ville de Zenten, (170 km au sud-ouest de Tripoli), où sont détenus les quatre membres du personnel de la Cour, selon un responsable du protocole libyen.

Le porte-parole de la CPI Fadi el-Abdallah avait annoncé lundi soir la visite de M. Song, ajoutant que "la Cour s'attend à la libération des quatre détenus lundi".

Le représentant de la Libye à la CPI, Ahmed Jehani, a confirmé l'imminence de la libération de l'équipe, composée d'une avocate australienne, Melinda Taylor, une interprète libanaise et deux membres du greffe, un Russe et un Espagnol.

"Si le président de la CPI arrive aujourd'hui (comme prévu NDLR), c'est sûr qu'ils seront libérés aujourd'hui", avait déclaré M. Jehani à l'AFP avant son arrivée.

"Le transfert de l'équipe de Zenten à Tripoli doit se dérouler pendant la journée, pour des raisons de sécurité", a-t-il ajouté.

Le ministre australien des Affaires étrangères Bob Carr, qui s'était rendu en Libye mi-juin, a indiqué lundi que selon les informations transmises par la CPI, la libération de Me Taylor et de ses collègues était attendue vers 10H00 ou 11H00 GMT, ajoutant qu'elle est le fruit de "négociations fructueuses" entre la CPI et Tripoli.

L'équipe de la CPI est incarcérée depuis le 7 juin à Zenten, où elle s'était rendue pour rencontrer Seif al-Islam et l'aider à préparer sa défense devant la Cour, dans la prison où il est détenu depuis novembre par une brigade d'anciens rebelles de la ville.

Une délégation de la Cour avait pu rendre visite, mi-juin, aux quatre détenus, "en bonne santé et bien traités", selon la CPI.

Tripoli les accuse d'avoir porté atteinte à la "sécurité nationale libyenne".

Mme Taylor est accusée d'espionnage car, selon des responsables libyens, elle avait apporté un stylo-caméra et une lettre codée de l'ancien bras droit de Seif al-Islam, Mohammed Ismaïl, aujourd'hui en fuite, l'un des hommes les plus recherchés par la justice libyenne.

M. el-Abdallah a réaffirmé que la CPI mènerait sa propre enquête sur les agissements présumés de Mme Taylor, qui assiste l'avocat désigné par la Cour pour représenter le fils de Mouammar Kadhafi.

Tripoli et la CPI se disputent le droit de juger Seif al-Islam Kadhafi.

Il fait l'objet d'un mandat d'arrêt de la CPI pour des crimes contre l'humanité commis pendant la révolte qui a provoqué la chute puis la mort de Mouammar Kadhafi en 2011.

Les autorités libyennes ont déposé le 1er mai une requête contestant la compétence de la CPI pour poursuivre le seul fils de l'ancien dirigeant à être détenu en Libye.

Le Premier ministre libyen par intérim, Abdel Rahim al-Kib, avait quant à lui affirmé le 21 juin que son pays voulait régler l'affaire de la délégation de la CPI "dans le respect des lois internationales et libyennes".

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