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Le nouveau président de la Banque mondiale entre en fonction avec "humilité"

02/07/2012 11:37 EDT | Actualisé 01/09/2012 05:12 EDT

Le nouveau président de la Banque mondiale, l'Américano-coréen Jim Yong Kim, a officiellement pris ses fonctions lundi avec "humilité" en s'engageant à agir pour "les personnes vivant dans la pauvreté" à un moment "crucial" pour l'économie mondiale.

Avare de déclarations publiques depuis sa nomination mi-avril, ce médecin et anthropologue de 52 ans s'est inscrit dans la continuité de son prédécesseur et compatriote, Robert Zoellick, lors d'une très courte allocution devant le siège de la Banque mondiale à Washington.

Nommé pour un mandat de cinq ans, il s'est engagé à poursuivre le travail de la Banque mondiale "en partenariat avec les gouvernements, les organisations de la société civile, le secteur privé et surtout avec les personnes vivant dans la pauvreté que nous aspirons à servir".

"J'arrive avec humilité et motivation (...). J'ai hâte de m'y mettre", a-t-il lancé avant de s'éclipser.

"Il y a une quantité énorme d'informations à digérer", a-t-il ensuite ajouté lors d'une rencontre plus approfondie avec quelques journalistes.

Choisi par le président américain Barack Obama, M. Kim avait été nommé à la tête de la Banque mondiale après avoir affronté la concurrence inédite d'une autre candidate, la ministre des Finances nigériane Ngozi Okonjo-Iweala, qui réclamait un processus de sélection "plus transparent".

Selon une règle non écrite, les Américains désignent un des leurs à la tête de la Banque mondiale, tandis que la direction du Fonds monétaire international (FMI) est réservée à un Européen.

Lors d'une rencontre avec la presse, M. Kim a répondu aux critiques en se disant "très fier" d'avoir pris part à la première élection "disputée" dans l'histoire de la Banque.

Il a également assuré qu'il "avait hâte" d'aborder la question de la place réservée aux pays émergents au sein de l'institution, tout en précisant que ce n'était pas à lui "en tant que président" de définir la marche à suivre.

La directrice générale du FMI, Christine Lagarde, lui a adressé ses "chaleureuses" félicitations, ajoutant dans un communiqué que leurs deux institutions "collaboreraient étroitement".

Attendu au tournant, M. Kim a justifié son accession à la tête de la Banque mondiale, une multinationale du développement qui compte 187 Etats membres, en affirmant qu'il avait passé "la plus grande partie de sa vie d'adulte auprès des populations les plus pauvres dans le monde".

Né à Séoul avant d'émigrer aux Etats-Unis à l'âge de 5 ans, il a consacré la majeure partie de sa carrière à la recherche, notamment sur la tuberculose et le sida, avant de se tourner vers l'humanitaire.

Depuis 2009, il présidait la prestigieuse université de Dartmouth, dans le New Hampshire (nord-est des Etats-Unis).

Pour ses premiers pas sur la scène mondiale, M. Kim a rendu hommage à son prédécesseur tout en lançant un appel "urgent" aux pays européens à agir contre la crise afin d'éviter que les pays pauvres n'en pâtissent.

"Il est urgent que les pays européens prennent les mesures nécessaires pour rétablir la stabilité parce que leurs actions auront un impact sur la croissance dans l'ensemble des régions du monde", a-t-il détaillé dans un communiqué.

L'organisation non-gouvernementale Oxfam l'avait précédé la semaine dernière en l'appelant à "agir rapidement" pour protéger les pays pauvres des retombées de la crise de la dette en Europe, notamment en termes de réduction de l'aide au développement.

Créée tout comme son institution soeur, le Fonds monétaire international, à la conférence de Bretton Woods (Etats-Unis) en 1946, la Banque mondiale affichait fin juin 2011 un encours total de prêts de 258 milliards de dollars.

jt/bdx

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