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La mère de Michel Gbagbo dénonce la visite de Soro à l'Assemblée française

02/07/2012 08:23 EDT | Actualisé 01/09/2012 05:12 EDT

La mère de Michel Gbagbo, fils de l'ancien président ivoirien détenu selon elle injustement en Côte d'Ivoire, a dénoncé l'entretien prévu lundi à Paris du président de l'Assemblée nationale ivoirienne Guillaume Soro avec son homologue français.

Michel Gbagbo, qui a aussi la nationalité française, a déposé plainte à Paris le 25 juin, via son avocate, contre Guillaume Soro pour "enlèvement, séquestration, traitements inhumains et dégradants".

M. Soro, ancien Premier ministre de Laurent Gbagbo puis de son successeur Alassane Ouattara, devait être reçu dans l'après-midi par le tout nouveau président de l'Assemblée nationale française, Claude Bartolone. Cet entretien portera sur "le renforcement de la coopération parlementaire entre les deux pays", selon un communiqué officiel posté sur le blog de M. Soro.

"Cette audience me paraît, en tant que citoyenne française mère d'un ressortissant français détenu depuis le 11 avril 2011 (...), choquante et scandaleuse. Elle est en totale contradiction avec le +changement+ annoncé par les nouvelles autorités françaises", écrit Jacqueline Chamois dans un communiqué transmis à l'AFP.

"Mon fils a été enlevé et détenu illégalement pendant des mois par des hommes sous l'autorité de Guillaume Soro", affirme-t-elle.

Elle "exhorte" Claude Bartolone à "ne pas recevoir le geôlier d'un ressortissant français qui demeure détenu du seul fait de son patronyme".

Michel Gbagbo, 42 ans, avait été arrêté avec son père le 11 avril 2011 à Abidjan, après plus de quatre mois de crise et dix jours de combats dans la capitale ivoirienne.

Détenu à Bouna, dans le nord-est du pays, pendant environ un an, il a ensuite été transféré à Abidjan. La justice ivoirienne l'a entendu le 1er juin 2012 pour des accusations d'infractions économiques, dont le détournement de deniers publics.

Après une première plainte en France classée sans suite, l'avocate de M. Gbagbo, Me Habiba Touré, a déposé une nouvelle plainte, avec cette fois constitution de partie civile, visant outre M. Soro, neuf commandants de l'armée ivoirienne.

Cette nouvelle plainte, adressée au doyen des juges d'instruction de Paris, "doit aboutir, dans les 30 jours, à la saisine d'un juge d'instruction", a indiqué à l'AFP Me Touré, précisant qu'en date du 2 juillet, aucun juge n'avait encore été désigné.

M. Soro n'est actuellement sous le coup d'aucune poursuite et demeure protégé, lors de déplacements officiels, par son immunité parlementaire.

sb/prh/aub

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