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La Ligue arabe appelle l'opposition syrienne à s'unir

02/07/2012 11:29 EDT | Actualisé 01/09/2012 05:12 EDT

LE CAIRE, Égypte - Le secrétaire général de la Ligue arabe, Nabil Elaraby, a appelé lundi l'opposition syrienne à s'unir alors que l'Occident tente, sans trop de succès, de forcer de président Bachar el-Assad à quitter le pouvoir.

S'exprimant au début d'une réunion de deux jours rassemblant quelque 250 membres de l'opposition syrienne au Caire, Nabil Elaraby les a exhortés à ne pas gaspiller la chance de surmonter leurs divergences et de s'unir pour contribuer à sortir la Syrie d'une crise qui représente, au dire du secrétaire général de l'OTAN, Anders Fogh-Rasmussen, «l'un des plus importants défis auxquels le monde est confronté aujourd'hui».

Mais plus d'un an après le début de l'insurrection en Syrie, l'opposition est toujours aux prises avec des querelles internes et un fractionnement qui empêche le mouvement de prendre racine et de gagner la crédibilité politique dont elle a besoin pour se présenter comme une alternative au régime El-Assad.

«Il y a une opportunité avec cette réunion de l'opposition syrienne qui doit être saisie, et je dis et je répète que cette opportunité ne doit pas être gaspillée, a affirmé Nabil Elaraby. Les sacrifices du peuple syrien sont plus grands que nous, et ont plus de valeur que de petites différences ou des querelles de factions.»

Le secrétaire de la Ligue arabe a aussi critiqué le plan onusien de transition politique en Syrie, affirmant qu'il ne répondait pas aux attentes en ne donnant pas de calendrier pour une «transition claire» comme l'avait demandé la Ligue arabe.

De son côté, Nasser al-Kidwa, adjoint au chef de l'envoyé spécial de l'ONU en Syrie, Kofi Annan, a déclaré que l'union de l'opposition «n'était pas une option, mais une nécessité si l'opposition veut s'assurer d'un soutien populaire et d'obtenir un soutien à l'international».

Les divisions sont reliées à des enjeux qui sont au coeur de la révolution, à savoir si un dialogue devrait être établi avec le régime de Bachar el-Assad et quelle idéologie devrait guider la Syrie une fois le règne d'El-Assad terminé.

Contrairement au conseil de transition national de Libye, qui a rassemblé la plupart des factions qui combattaient le régime de Mouammar Kadhafi et qui a été rapidement reconnu par une bonne partie de la communauté internationale, l'opposition syrienne n'a pas de leadership sur le terrain.

Les opposants au régime, qu'ils soient au pays ou à l'extérieur, sont issus de divers groupes et leurs divisions témoignent des différends idéologiques, religieux et générationnels qui déchirent l'ensemble de la population syrienne.

La communication entre les opposants hors-Syrie et ceux qui sont au pays est excessivement difficile. Les militants politiques se trouvant en Syrie sont régulièrement jetés en prison. Bon nombre d'entre eux se cachent et communiquent grâce à Skype en utilisant de faux noms. Et la Syrie est difficilement accessible pour les dissidents et les journalistes étrangers.

La réunion du Caire rassemble des mouvements divers de l'opposition, dont des membres du Conseil national syrien et des Comités locaux de coordination. L'objectif est de se mettre d'accord sur un organe uni chargé de les représenter, et de travailler sur un plan de transition politique.

Par ailleurs, à New York, la haut commissaire des Nations unies aux droits de l'Homme, Navi Pillay, a appelé le Conseil de sécurité à renforcer sa mission d'observation en Syrie, actuellement suspendue. Elle a aussi affirmé que les armes qui parviennent au gouvernement syrien et à l'opposition risquent d'intensifier le conflit, ce qui «doit être évité à tout prix».

Mme Pillay a également dit que les forces anti-gouvernementales sont accusées d'utiliser des enfants comme boucliers humains, et que si le gouvernement syrien lui donne le feu vert, ses équipes se rendront sur place pour enquêter sur ces accusations.

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