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JO-2012 - Sebastian Coe, un coureur de demi-fond pour organiser les JO

02/07/2012 06:47 EDT | Actualisé 01/09/2012 05:12 EDT

Le Britannique Sebastian Coe s'est forgé une légende sur la piste, en qualité de coureur de demi-fond, et il est aujourd'hui en passe de remporter une course de fond d'un tout autre genre: l'organisation sans fausse note des jeux Olympiques de Londres.

Avant de se transformer en grand ordonnateur des Jeux, le double médaillé d'or olympique sur 1.500 mètres avait réalisé un premier exploit, celui de coiffer sur le poteau les Français, lors de l'élection de la ville-hôte, en 2005.

Il a joué de son pedigree sportif impeccable et de ses qualités de lobbyiste amplement démontrées au parlement britannique pour mieux séduire le Comité international olympique (CIO).

Coe est ainsi parvenu à lui vendre le projet qui vise à réhabiliter l'Est de Londres, désindustrialisé et pollué, pour le transformer dans un premier temps en parc paysager accueillant les nouveaux sites et stades olympiques et à plus long terme en un quartier prospère de la capitale.

"Nous nous sommes toujours fixé pour objectif de livrer des Jeux qui ne soient pas seulement plus imposants que les précédents, comme cela s'est toujours fait, mais de placer au coeur du projet la notion d'héritage. C'est en cela que ces Jeux sont différents", a-t-il confié à l'AFP.

Il reconnaît toutefois qu'en répétant à tout va son leitmotiv concernant ce grand dessein, il s'est un peu senti au début "dans la peau d'un agent immobilier un chouïa roublard".

Coe, 55 ans, a aussi promis au CIO qu'en confiant les Jeux à Londres il encouragerait toute une génération à s'adonner au sport. Il pourrait ne pas honorer cette promesse là, à en juger par la baisse du nombre des pratiquants.

Avec un bon coup de main du Premier ministre de l'époque, Tony Blair, au dernier moment, Londres avait provoqué la surprise en remportant le vote organisé à Singapour le 6 juillet 2005.

Depuis lors, Coe a dû justifier au nom des organisateurs l'envolée du budget qui a fini par atteindre 9,3 milliards de livres (11,6 milliards d'euros), soit un montant supérieur de près de quatre fois au devis initial.

Il a aussi été prompt à faire valoir que les préparatifs --équivalant à l'organisation simultanée de 26 championnats du monde-- se sont déroulés "dans le pire contexte économique pour la tenue de JO, de mémoire d'homme."

"Il faut remonter aux années 1970, à Montréal (NDLR: 1976), pour trouver une situation un tant soit peu comparable", déclarait-il l'an dernier.

Coe est le seul coureur à avoir décroché l'or sur 1.500 m à l'occasion de deux JO, à Moscou, en 1980, et à Los Angeles, en 1984. Dans les deux cas il est aussi revenu avec deux médailles d'argent sur 800 mètres.

De constitution plutôt frêle, Coe était capable de puissantes accélérations. Et sa rivalité avec son compatriote Steve Ovett a passionné les foules et dopé l'audimat lors des retransmissions télévisées d'athlétisme en Grande-Bretagne, dans les années 80.

Coe aime à dire que son rôle d'organisateur des JO ressemble à l'entraînement en athlétisme. "Les jours sont longs, ça se passe sans tambour ni trompette. Il s'agit de construire jour après jour, avant de vivre des moments très forts", a-t-il expliqué au Guardian.

Coe s'est préparé à son rôle de VIP sportif en basculant dans la politique, en 1990, au terme de sa carrière sportive. Elu député, il a perdu son siège en 1997, mais pour décrocher dans la foulée un siège à vie à la chambre des Lords.

Chemin faisant, il a gagné passablement d'argent en développant une chaîne de gymnases.

Lord Coe est également vice-président de l'association internationale des fédérations d'athlétisme.

Ce qu'il va faire après les Jeux de Londres relève du mystère. La seule certitude, dit-il, c'est qu'au lendemain de l'extinction de la flamme olympique, le 13 août, "tout le monde sera viré".

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