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JO-2012 - "Maisons" nationales: la course à l'échalote aux JO de Londres

02/07/2012 07:59 EDT | Actualisé 01/09/2012 05:12 EDT

C'est la compétition dans la compétition. Loin des stades et des athlètes, elle se joue discrètement entre les pays participants aux jeux Olympiques qui rivalisent depuis des mois pour briller cet été à Londres avec la plus belle vitrine officielle.

"Club France", "Casa Brasil", "Casa Italia", "Sotchi Park"...: une vingtaine de pays se sont lancés dans la course pour ouvrir leur "maison", un "espace de convivialité" destiné à accueillir pendant les Jeux manifestations culturelles, gastronomiques et sportives, VIP's, athlètes, chefs d'entreprise, journalistes et supporters.

Au programme, des soirées pour célébrer les médailles, des retransmissions sur écrans géants, des rencontres avec des athlètes et d'anciens champions, des exhibitions sportives, des expositions et des concerts. Sans oublier des bars et des restaurants de spécialités locales. Au total, une démonstration de talents nationaux.

Le phénomène n'est pas nouveau, mais au départ ces "clubs" se limitaient souvent à un espace réservé dans un hôtel, pour la "famille olympique". Au fil des éditions, ils ont pris de l'ampleur, tout en commençant à s'ouvrir au public, et les délégations font désormais la chasse aux emplacements de prestige.

A Londres, la France a ainsi sorti le grand jeu en jetant son dévolu sur le Old Billingsgate, un bâtiment victorien classé sur les bords de la Tamise: un espace de 7.000 m2 qui pourra accueillir simultanément jusqu'à 3.500 personnes, contre 600 à Pékin.

Télés et radios y feront des "directs" et le public y aura ses entrées pour la première fois.

Ce club, le plus grand et le plus coûteux jamais installé par la France durant des Jeux, est un projet "ambitieux", a reconnu Denis Masseglia, président du Comité national olympique et sportif français (CNOSF): la location s'élève à 1,8 million d'euros, sans compter les frais de fonctionnement.

Mais la France devra compter avec la force de frappe de la Russie et du Brésil, hôtes respectivement des JO d'hiver 2014 et d'été 2016, bien décidés à laisser aussi un souvenir mémorable.

Moscou, qui a laissé entendre que le président Poutine pourrait venir à Londres pour les Jeux, a pris ses quartiers dans les riches jardins de Kensington: le Russia Park, festival en plein air sur 10.000 m2, promet d'être "la plus grande vitrine de la culture russe jamais vue à Londres", à grands renforts de cuisine et d'artistes locaux. Et le Sotchi Park donnera un avant goût des joies de l'hiver russe, avec un pavillon interactif de 6.000 m2 et une patinoire où évolueront des champions.

La Somerset House, vaste édifice néo-classique qui surplombe la Tamise et abrite d'ordinaire l'un des grands espaces culturels de Londres, va se transformer, elle, en "Casa Brasil", pour célébrer les succès sportifs du pays, "sa richesse culturelle et ses beautés".

Face à ces mastodontes, les pays plus petits ne voulaient pas être en reste.

Moyennant une enveloppe d'environ 1,2 million d'euros, l'Italie s'est offert les 6.000 m carrés d'un vaste centre de conférence à quelques encablures de Big Ben pour en faire l'épicentre de "l'excellence italienne". Avec trois chefs étoilés comme ambassadeurs de la gastronomie de la péninsule, dont le célèbre Massimo Bottura.

La "Maison Heineken de la Hollande" a mis la main sur Alexandra Palace, un temple du divertissement construit au XIXe siècle et transformé pour l'occasion en "palais orange" (la couleur nationale), où la bière devrait couler à flots.

Pour marquer elle aussi ces JO de son empreinte, la Suisse a déboursé 3,7 millions d'euros pour 3.000 m2 au bord du fleuve, avec l'espoir d'en faire un tremplin pour son tourisme.

Signe de l'engouement pour ces maisons, l'Afrique s'est lancée dans l'aventure pour la première fois dans l'histoire olympique: l'"African village" se dressera face au Royal Albert Hall, avec ses restaurants typiques et son arbre à palabres.

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