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JO-2012 - Le 6 juillet 2005 à Singapour, Londres bat Paris au sprint

02/07/2012 06:40 EDT | Actualisé 01/09/2012 05:12 EDT

Arrivée en outsider à Singapour, théâtre de l'élection de la ville hôte des JO-2012 en juillet 2005, Londres a battu sur le fil Paris, la candidature estimée la plus fiable, grâce au charisme de Sebastian Coe, un ancien champion olympique, et à un lobbying agressif.

Elue par 54 voix contre 50 au quatrième et dernier tour, Londres signait le troisième échec de Paris (après 1992 et 2008) au terme d'ultimes heures de campagne particulièrement âpres, et plongeait la France dans une longue traversée du désert olympique dont, sept ans plus tard, elle n'est toujours pas sortie.

Dépêchés au soutien en Asie, le président français Jacques Chirac et le Premier ministre britannique Tony Blair avaient rivalisé de politesses auprès de la centaine d'électeurs du CIO. Avec trop de maladresse pour le premier, très critiqué pour avoir raillé la qualité de la cuisine d'outre-Manche au cours de son séjour express quand le second avait pris deux fois plus de temps pour faire plus subtilement le siège des électeurs clés.

Conduite par un aréopage d'hommes politiques pour la plupart inconnus du CIO -le maire Bertrand Delanoë, patron du dossier, en tête-, la candidature de Paris ne laissait guère de place aux sportifs quand les quatre orateurs de la présentation de Londres cumulaient huit titres de champions olympiques.

Un décalage symbolisé par le film destiné à faire basculer les indécis. Réalisé à prix d'or par Luc Besson, le clip français montrait un Paris de carte postale habité par Catherine Deneuve et Johnny Hallyday tandis que le spot londonien commençait dans un township sud-africain par le rêve d'un gamin d'aller, en 2012, courir à Londres et s'achevait sur un message d'universalité transmis par Nelson Mandela.

Le discours un brin démagogique du double champion olympique Sebastian Coe, auteur d'un appel à tous "les enfants du monde", emportait le morceau. Paris, humiliée, subissait même jusqu'au bout la concurrence de Madrid, tandis que Moscou et New York étaient mises très vite hors jeu.

L'aventure londonienne avait pourtant très mal débuté. Lancée cahin-caha en 2003 sous l'impulsion du maire de l'époque Ken Livingstone, qui y voyait l'occasion de rénover l'Est de la ville, la candidature allait d'échec en déboire. Dirigé par une femme d'affaires américaine, Barbara Cassani, qui ne connaissait rien au sport et encore moins à l'olympisme, le dossier de Londres avait été malmené par le CIO dans tous ses rapports intermédiaires qui le jugeaient trop cher et mal ficelé.

Il a fallu attendre mai 2004 pour que Londres rebondisse. Sebastian Coe, champion olympique du 1500 m en 1980 et 1984, ex-député conservateur, ex-membre du CIO, anobli par la Reine en 2000, présentait toutes les caractéristiques du patron de candidature parfait.

En quelques mois, il redessinait le projet en suivant les remarques du CIO et redressait la tendance au point que, début 2005, Londres recueillait un avis extrêmement favorable de la part de la commission d'évaluation du CIO, le même que celui attribué à Paris.

La suite fut un modèle de lobbying agressif et ciblé, parfois à la limite de la régularité. Quelques semaines avant le vote, Jacques Rogge, patron du CIO, retoquait ainsi le projet londonien d'offrir 50.000 dollars à chaque pays en développement afin de venir s'entraîner en amont des JO-2012. Un avertissement sans frais.

Le 6 juillet 2005, Sebastian Coe et Londres récoltaient les fruits d'une campagne de haute volée.

cha/ol/gf

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