NOUVELLES

Euro 2012 - L'Espagne fait un triomphe aux joueurs de la Roja

02/07/2012 04:49 EDT | Actualisé 01/09/2012 05:12 EDT

L'Espagne euphorique a fait lundi un triomphe à la Roja, son équipe de football de légende rentrée d'Ukraine après avoir écrasé dimanche l'Italie 4 à 0 en finale de l'Euro-2012, et réalisé le rêve de tout un pays: remporter la "triple couronne".

La marée humaine en rouge et or, les couleurs nationales, a envahi dans la soirée le centre de Madrid, dans la cacophonie des pétards, le hurlement des hauts-parleurs, pour acclamer le bus à impériale transportant les joueurs, qui se frayait un chemin au ralenti, sur les avenues noires de monde.

Aux cris de "campeones campeones, ohé ohé ohé", la foule s'époumonne lorsque s'approche le bus. Sur le toit, les stars de la Roja en maillot rouge saluent de la main, savourent la victoire.

Les aficionados, drapés dans le drapeau espagnol, tendent les mains, comme pour toucher leurs idoles. Les parents hissent les enfants sur leurs épaules.

"Cela n'arrive pas plus que tous les quatre ans. Pour les enfants, c'est un souvenir inoubliable", lance, juste après le passage du bus, Jaime Barea, 42 ans, accompagné d'une petite colonie de 14 enfants, les siens et ceux de ses amis, tous vêtus du maillot rouge.

"Quand j'étais petit, je n'ai jamais eu une occasion comme celle-là. L'Espagne a passé 40 ans sans gagner".

Sur la place de Cibeles, le point d'arrivée du parcours, certains profitent des lances à eau des pompiers pour se rafraîchir, dans la chaleur étouffante, autour de la statue de la déesse Cybèle qui porte, drapé sur ses épaules, le drapeau espagnol.

C'est là qu'une estrade géante a été montée, pour accueillir la fête qui devait durer tard dans la nuit. Lorsque le bus arrive enfin, les joueurs montent sur scène, s'arrosent de champagne, prennent la parole tour à tour.

"Je suis très fier de participer à cette équipe de légende, et surtout de voir vos visages rayonnants", lance le milieu de terrain Andres Iniesta. "Dans ces moments difficiles, pour nous c'est une fierté de vous voir heureux".

Quelques heures plus tôt, Iker Casillas, le capitaine et gardien de but, levant au ciel le précieux trophée, était sorti le premier de l'avion qui venait de se poser sur l'aéroport de Madrid.

Derrière lui, le sélectionneur national, Vicente del Bosque, suivi par toute l'équipe.

"Nous sommes contents, heureux du succès que nous avons remporté", lance Casillas. "C'était difficile et nous y sommes parvenus".

"Je crois que nous avons mérité ce titre", ajoute le milieu de terrain Xabi Alonso. "Nous sommes très heureux et avons très envie d'arriver et de partager avec tout le monde."

Puis les joueurs ont gagné le Palais de la Zarzuela pour être reçus en audience par le roi Juan Carlos.

Un à un, ils ont salué le roi, sa fille aînée, l'infante Elena, le prince héritier Felipe et la princesse Letizia, ainsi que leurs deux petites filles, Sofia et Leonor, vêtues du maillot de la Roja.

Avant la photo de famille sur les marches du palais, Juan Carlos a rendu hommage "au travail", "à l'engagement" des joueurs, avec une mention spéciale pour Vicente del Bosque.

Depuis la veille au soir, les supporteurs, fébriles, attendaient leurs champions qui, à Kiev, n'ont pas seulement remporté une impressionnante victoire sur l'Italie.

Les joueurs de la Roja ont aussi réalisé un exploit jamais vu: aligner trois titres consécutifs, lors de l'Euro-2008 contre l'Allemagne, du Mondial-2010 contre les Pays-Bas, puis de cet Euro-2012 grâce aux quatre buts de David Silva, Jordi Alba, Fernando Torres et Juan Mata.

La presse lundi se répandait en superlatifs, louant "l'Espagne invincible", et soulignait aussi que la victoire tant attendue aura offert au pays une parenthèse bienvenue, en pleine crise économique.

"Ils nous ont fait oublier de nouveau pendant de nombreuses heures la crise galopante que traverse l'Espagne, l'odieuse +prime de risque+, le violent chômage frappant cette jeunesse espagnole qui les idolâtre", expliquait le quotidien catalan Mundo Deportivo.

sg-elc-sgf/chc

PLUS:afp