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Euro 2012 - L'Espagne euphorique attend la Roja pour un triomphe

02/07/2012 06:00 EDT | Actualisé 01/09/2012 05:12 EDT

L'Espagne euphorique s'apprêtait lundi à faire un triomphe à la Roja, son équipe de football de légende qui a écrasé dimanche l'Italie en finale de l'Euro-2012, et rentre d'Ukraine après avoir réalisé le rêve de tout un pays: remporter la "triple couronne".

Après une nuit de fête qui a embrasé toute l'Espagne, les joueurs étaient attendus dans l'après-midi à l'aéroport de Madrid. Ils devaient, après une audience chez le roi Juan Carlos, traverser la ville dans un bus à impériale, roulant au pas, jusqu'à la place de Cibeles et l'estrade géante montée pour les célébrations.

Après la liesse des supporteurs, qui s'étaient rassemblés dimanche soir autour des écrans géants, aux cris de "Champions, Champions", la presse à son tour se répandait lundi en superlatifs.

Et soulignait que la victoire tant attendue aura aussi offert à l'Espagne une parenthèse bienvenue, en pleine crise économique.

"L'Espagne conquiert la triple couronne. La victoire de l'Euro fait entrer l'équipe espagnole dans la légende", proclamait en Une le quotidien El Pais. "L'Espagne invincible", titrait ABC, en énormes lettres barrant sa Une.

Car la Roja n'a pas seulement remporté une impressionnante victoire sur l'Italie. Elle réalise aussi un exploit jamais vu: aligner trois titres consécutifs, lors de l'Euro-2008 contre l'Allemagne, du Mondial-2010 contre les Pays-Bas, puis de l'Euro-2012 grâce aux quatre buts de David Silva, Jordi Alba, Fernando Torres et Juan Mata.

Dimanche soir, déchaînés, chantant, dansant, des dizaines de milliers de supporteurs, le visage grimé en rouge et jaune, portant le maillot rouge de leurs idoles, des perruques ou des chapeaux rouges eux aussi, s'étaient massés à Madrid, face aux écrans géants dressés autour du stade Santiago Bernabeu.

Le pays tout entier était pavoisé aux couleurs nationales, avec des drapeaux rouges et or de toutes tailles, accrochés aux balcons, aux antennes de voitures, dans les bars, ou drapant le corps des supporteurs.

Partout, hurlements, pétards et embrassades ont accueilli le coup de sifflet final. Puis la marée humaine, dans un concert de klaxons et de cornes de brume, a envahi Madrid, déferlant sur les places du centre de la capitale.

Ceux qui avaient choisi de rester devant leur écran de télévision étaient nombreux eux aussi: 15,481 millions de téléspectateurs, soit 83,4%, la part d'audience la plus élevée pour un match de football en Espagne, selon les mesures d'audience publiées lundi.

Car dans ce pays où le football est roi, cette soirée ressemblait à une parenthèse dans l'univers bouché de la crise.

"Le football comme opium du peuple par ces temps d'asphyxie", affirmait El Mundo, saluant "une poignée de sportifs sans égal, moulés à partir d'un gène gagnant, dirigés par un entraîneur aux fermes convictions".

"Ils nous ont fait oublier de nouveau pendant de nombreuses heures la crise galopante que traverse l'Espagne, l'odieuse +prime de risque+, le violent chômage frappant cette jeunesse espagnole qui les idolâtre", expliquait le quotidien catalan Mundo Deportivo.

"Le football ne peut pas se substituer à une bonne gestion politique ni à la prospérité économique", nuançait El Pais avant de reconnaître qu'il peut toutefois "injecter une dose de confiance dans des moments difficiles".

Mais dans les rues d'Espagne, tous savaient que le répit serait de courte durée. "Même si cette victoire est historique, elle peut faire oublier la crise, mais quelques heures, rien de plus", résumait Fermin Munoz, un mécanicien de 23 ans venu suivre le match dimanche à Madrid.

sg/elc/jr

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