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Euro 2012 - Retour triomphal en Espagne pour les joueurs de la Roja

02/07/2012 11:16 EDT | Actualisé 01/09/2012 05:12 EDT

L'Espagne euphorique a fait lundi un triomphe à la Roja, son équipe de football de légende rentrée d'Ukraine après avoir écrasé dimanche l'Italie en finale de l'Euro-2012, et réalisé le rêve de tout un pays: remporter la "triple couronne".

La marée humaine en rouge et or, les couleurs nationales, a envahi dans la soirée les avenues du centre de Madrid, dans la cacophonie des pétards et des cornes de brume, le hurlement des hauts-parleurs, pour attendre le bus à impériale transportant les joueurs qui devait parcourir la ville.

La chaleur étouffante ne décourageait pas les supporteurs déjà rassemblés en plein soleil devant la scène géante montée sur la place de Cibeles, pour fêter la victoire.

En attendant, certains profitaient des lances à eau des pompiers pour se rafraîchir, autour de la statue de la déesse Cybèle qui portait, drapé sur ses épaules, le drapeau espagnol.

Pilar, 34 ans, et Javier, 44 ans, ont fait quatre heures de voiture depuis Jaen, en Andalousie, avec leur fille de 12 ans, qui porte les couleurs du drapeau espagnol peintes sur les joues.

"Nous sommes venus pour fêter ça avec eux car ils le méritent", explique Pilar.

"Et l'Espagne aussi le méritait compte tenu de la situation qu'elle traverse", renchérit Javier, en allusion à la crise économique qui frappe le pays.

Plus haut sur la Gran Via, la grande avenue commerciale du centre de la capitale où devait passer le bus, les barrières de protection tenaient la foule à l'écart, de nombreux petits drapeaux espagnols décorant les lampadaires.

Arrivé dès la mi-journée pour être sûr de garder une place en première ligne, José Abad, 33 ans, attend avec une fausse coupe d'Europe en aluminium à ses pieds.

"Je suis au chômage et cela te libère un peu des tensions, cela t'évite de penser à si tu as du travail ou non", explique José, ancien employé du secteur transport, au chômage depuis mars.

Quelques heures plus tôt, Iker Casillas, le capitaine et gardien de but, en maillot rouge, levant au ciel le précieux trophée, était sorti le premier de l'avion qui venait de se poser sur l'aéroport de Madrid.

Derrière lui, le sélectionneur national, Vicente del Bosque, suivi par toute l'équipe.

"Nous sommes contents, heureux du succès que nous avons remporté", a lancé Casillas. "C'était difficile et nous y sommes parvenus".

"Je crois que nous avons mérité ce titre", a ajouté le milieu de terrain Xabi Alonso. "Nous sommes très heureux et avons très envie d'arriver et de partager avec tout le monde."

Puis les joueurs ont gagné le Palais de la Zarzuela pour être reçus en audience par le roi Juan Carlos.

Un à un, ils ont salué le roi, sa fille aînée, l'infante Elena, le prince héritier Felipe et la princesse Letizia, ainsi que leurs deux petites filles, Sofia et Leonor, vêtues du maillot rouge de la Roja.

Avant la photo de famille sur les marches du palais, Juan Carlos a rendu hommage "au travail", "à l'engagement" des joueurs, avec une mention spéciale pour Vicente del Bosque.

Depuis la veille au soir, les supporteurs, fébriles, attendaient leurs champions qui, à Kiev, n'ont pas seulement remporté une impressionnante victoire sur l'Italie.

Les joueurs de la Roja ont aussi réalisé un exploit jamais vu: aligner trois titres consécutifs, lors de l'Euro-2008 contre l'Allemagne, du Mondial-2010 contre les Pays-Bas, puis de cet Euro-2012 grâce aux quatre buts de David Silva, Jordi Alba, Fernando Torres et Juan Mata.

La presse lundi se répandait en superlatifs, louant "l'Espagne invincible", et soulignait aussi que la victoire tant attendue aura offert au pays une parenthèse bienvenue, en pleine crise économique.

"Ils nous ont fait oublier de nouveau pendant de nombreuses heures la crise galopante que traverse l'Espagne, l'odieuse +prime de risque+, le violent chômage frappant cette jeunesse espagnole qui les idolâtre", expliquait le quotidien catalan Mundo Deportivo.

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