Entente de principe entre Rio Tinto Alcan et les représentants des employés

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RIO TINTO RENCONTRE SYNDICALE
AFP/Getty Images

ALMA, Qc - Le Syndicat des Métallos a conclu une entente de principe, lundi matin, avec la direction de l'usine de Rio Tinto Alcan à Alma, au Lac-Saint-Jean, en lock-out depuis exactement six mois.

L'entente sera soumise au vote des 780 travailleurs syndiqués de l'usine lors d'une assemblée qui doit avoir lieu au cours de la semaine. Le syndicat a indiqué que ses représentants ne feraient pas de commentaires d'ici là.

Le député de Lac-Saint-Jean à l'Assemblée nationale, Alexandre Cloutier, du Parti québécois, a affiché un sourire prudent en apprenant la nouvelle. Il préfère attendre que l'entente soit adoptée par les syndiqués avant de se réjouir.

Lui qui s'est impliqué dans le litige pour dénoncer l'achat des surplus d'électricité de Rio Tinto par le gouvernement du Québec indique tout de même que l'ensemble des Québécois pourront peut-être se réjouir, car, dit-il, Hydro-Québec a depensé 33 milions $ au premier trimestre pour l'achat des surplus d'électricité qui n'ont pas été utilisés par Rio Tinto Alcan.

Hydro-Québec est obligée d'acheter cette électricité, car une entente entre les deux parties identifie le lock-out comme un cas de force majeure. Cela permet à Rio Tinto Alcan de vendre son énergie plutôt que de l'utiliser pour produire de l'aluminium.

De son côté, le maire d'Alma, Marc Asselin, affirme que l'ensemble du Saguenay-Lac-Saint-Jean se «croise les doigts» afin que l'entente soit acceptée, car le conflit a eu un impact important sur l'économie de la région, en particulier sur les petites et moyennes entreprises (PME) qui fournissent des services et effectuent de la sous-traitance.

«La forêt et l'aluminium sont la base de notre économie, et ils sont suivis de près par les PME», observe le maire Asselin. «Il y a un vent d'optimisme qui souffle sur la région après ces six mois d'attente. On a beaucoup travaillé dans les coulisses pour que les gens s'assoient à la table et qu'ils négocient.»

Après avoir été rompues pendant des mois, les négociations ont finalement repris à la fin mai, en présence d'un conciliateur du ministère québécois du Travail.

La direction s'est dite satisfaite de l'entente, lundi. Le chef des opérations, Étienne Jacques, a affirmé que les deux parties ont fait preuve d'ouverture, permettant d'en arriver à cet accord.

Achoppement sur la sous-traitance

À l'heure actuelle, les cadres exploitent l'usine d'Alma au tiers de sa capacité. La porte-parole de la direction de cette installation, Claudine Gagnon, indique que la priorité sera de redémarrer l'usine si l'entente est entérinée cette semaine.

«Les dirigeants syndicaux la présenteront aux employés, et on espère qu'elle sera acceptée à l'assemblée générale dans les prochains jours», a-t-elle dit.

Les travailleurs ont été mis en lock-out le 30 décembre dernier. Le conflit porte notamment sur le recours accru à la sous-traitance. L'entreprise a indiqué souhaiter remplacer ses travailleurs qui quittent pour la retraite par des sous-traitants dont les salaires seraient inférieurs.

Dans le litige, les syndiqués ont également dénoncé l'exploitation des barrages de Rio Tinto Alcan, qui continue à vendre sa production d'électricité à Hydro-Québec.

En avril dernier, Radio-Canada révélait que selon un rapport du ministère du Travail, Rio Tinto Alcan avait eu recours aux services d'un sous-traitant pour le transport du courrier. De plus, la multinationale aurait employé une salariée pour nettoyer des filtres et effectuer des prélèvements d'air, des tâches qui auraient été dévolues alors à un travailleur en lock-out.

Les lockoutés de Rio Tinto Alcan ont participé à de nombreuses manifestations depuis le début du conflit. Ils ont notamment marché d'Alma à Québec et organisé des manifestations pendant lesquelles de nombreuses organisations syndicales les ont rejoints, parfois d'aussi loin que de l'Australie, de la Nouvelle-Zélande et de l'Afrique du Sud.

Lors de l'annonce de l'entente, lundi matin, Rio Tinto a indiqué que celle-ci était survenue «quelques heures plus tôt».

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