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Deux policiers syriens blessés par une roquette tirée du Liban (officiel)

02/07/2012 05:12 EDT | Actualisé 01/09/2012 05:12 EDT

Deux membres de la police des frontières syrienne ont été blessés lundi par une roquette tirée à partir du territoire libanais, a indiqué la Sûreté générale libanaise dans un communiqué.

"Lundi à l'aube, des hommes armés ont tiré à partir de Bouqaya, en territoire libanais, une roquette en direction de la Syrie qui a touché un poste d'immigration syrien, blessant deux membres du poste-frontière", indique le communiqué de la Sûreté générale libanaise.

C'est la première fois que le Liban fait état de tirs contre le territoire syrien à partir du Liban.

Bouqaya se trouve dans la région du Akkar, à 185 km au nord de Beyrouth.

Après les tirs, "les Syriens ont pris en chasse les hommes armés et durant cette poursuite, le poste de la Sûreté générale libanaise a été touché. Une unité syrienne est arrivée à ce poste libanais, a appréhendé deux membres de la Sûreté générale et les a conduits en territoire syrien avant de les relâcher".

Un porte-parole de la Sûreté générale libanaise, qui n'a pas voulu être identifié, a indiqué à l'AFP que les tireurs ont réussi à prendre la fuite et qu'aucun agent de la Sûreté générale n'a été blessé.

Selon un élu local libanais, "des hommes armés, circulant à bord d'une motocyclette, ont tiré à 03H00 (00H00 GMT) une roquette en direction du village syrien de Mchérfé".

"Les forces syriennes ont immédiatement riposté à l'arme automatique et la fusillade a duré une dizaine de minutes. Il n'y pas eu de blessés du côté libanais mais une maison a été endommagée".

Cet incident a suscité une réaction ferme du chef de l'Etat libanais. Dans un communiqué, le président libanais Michel Sleimane affirme que "le franchissement de la frontière libanaise par une unité militaire syrienne, qui a appréhendé deux agents de la Sûreté générale libanaise avant de les relâcher, est inacceptable, contraire aux lois internationales et viole le principe de coordination entre les deux pays".

Dans cette déclaration au ton inaccoutumé, le président libanais "demande une enquête pour déterminer les responsabilités afin d'éviter la répétition de tels actes et empêcher que les relations bilatérales, basées sur le respect de la souveraineté et l'indépendance des deux pays ne soient affectées".

Le Liban, qui a été sous tutelle syrienne pendant 30 ans, est divisé entre anti et pro-Assad, et les autorités évitent de prendre position face au conflit en Syrie.

Depuis l'éclatement de la révolte contre le régime du président syrien Bachar al-Assad en mars 2011, des incidents impliquant incursions et tirs de soldats syriens ont fait des morts et blessés au Liban, suscitant des craintes d'une contagion du conflit. Des Libanais ont été également brièvement enlevés par des partisans du régime de Damas, selon des responsables locaux.

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