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Des dizaines de personnes arrêtées pour trafic d'armes en Cisjordanie

02/07/2012 04:15 EDT | Actualisé 01/09/2012 05:12 EDT

GAZA, Territoire palestinien - Le président palestinien, Mahmoud Abbas, a donné le coup d'envoi à la plus importante opération de répression du trafic d'armes à survenir depuis plusieurs années, confrontant pour la première fois des personnes de son propre camp, dont des responsables de la sécurité et terroristes liés au Fatah.

Les descentes réalisées au cours des dernières semaines font suite à une série de fusillades perpétrées par des justiciers. Ces incidents ont fait les manchettes et menaçaient de miner les récents succès en matière de loi et d'ordre en Cisjordanie.

Quelque 200 personnes se sont retrouvées derrière les barreaux et des dizaines d'armes ont été saisies depuis quelques semaines, principalement dans le district de Jénine, en Cisjordanie, ont annoncé lundi les autorités policières palestiniennes.

Près de la moitié des personnes emprisonnées ont été libérées après avoir remis leurs armes aux policiers. Les autres demeurent détenus de façon préventive puisque des soupçons de trafic d'armes, d'extorsion ou d'attaque à main armée planent sur eux.

Avant cette vaste opération, Mahmoud Abbas avait évité de s'en prendre aux hommes armés qui ont des liens avec la formation politique qu'il dirige, le Fatah, apparemment par crainte de subir les foudres de ses propres alliés ou de provoquer une rébellion à l'interne.

Mais les plus récentes fusillades — notamment un attentat perpétré en mai au domicile du gouverneur du district de Jénine — ne lui ont visiblement pas laissé le choix.

Parmi les hommes arrêtés figurent des membres de groupes criminalisés impliqués dans le trafic d'armes et certaines personnes qui auraient pris part à l'attaque contre le gouverneur du district de Jénine, qui a succombé à un arrêt cardiaque après les événements.

Les actions de Mahmoud Abbas ne font toutefois pas l'unanimité en Cisjordanie. Certains groupes de défense des droits et libertés accusent en effet le président de l'Autorité palestinienne de brimer des libertés fondamentales de la population au nom du maintien de la loi et de l'ordre.

Au cours du week-end, les forces de sécurité de Mahmoud Abbas ont violemment réprimé deux manifestations organisées pour dénoncer les efforts menées conjointement avec Israël en matière de sécurité, et la tenue prochaine d'une rencontre avec le vice-premier ministre israélien, Shaul Mofaz.

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