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Algérie: le budget à l'équilibre si le pétrole à plus de 110 USD le baril (responsable)

02/07/2012 09:15 EDT | Actualisé 01/09/2012 05:12 EDT

Le budget de l'Algérie ne sera à l'équilibre que si les prix du pétrole, en baisse ces dernières semaines, dépassent les 110 dollars le baril, a indiqué un responsable de la Banque d'Algérie dans des déclarations publiées lundi par la presse.

"Désormais, l'équilibre budgétaire requiert des niveaux de prix de pétrole à 112 dollars le baril alors que que les recettes budgétaires totales restent fortement dépendantes de celles, très volatiles, des hydrocarbures", a déclaré Djamel Benbelkacem, directeur conseiller à la Banque d'Algérie.

Le prix moyen du baril de pétrole algérien (Sahara Blend) était de 112 dollars en 2011.

Une éventuelle chute des cours du brut à un niveau similaire de celui de 2009 (autour de 60 dollars) conduirait l'Algérie à devoir recourir au Fonds de régulation des recettes (FRR) qui couvrira, le cas échéant, dix ans de déficit budgétaire, a précisé M. Benbelkacem.

Le FRR, qui disposait à fin 2011 de plus de 53 milliards d'euros, est alimenté par les différences entre le prix du pétrole vendu sur le marché et le prix de référence (37 dollars le baril) sur la base duquel est établi le budget de l'Etat.

Selon la Banque d'Algérie, les recettes de l'Etat issues des hydrocarbures, en hausse de 37%, représentaient 27,7% du PIB en 2011 contre 24% en 2010.

En 2011, le budget de l'Etat a enregistré "un très léger" déficit budgétaire réel, basé donc sur un pétrole algérien à 112 dollars, estimé à 28 milliards de dinars (280 millions d'euros) contre 74 mds de dinars (740 millions d'euros) en 2010 et 570,3 mds de dinars en 2009.

En janvier, le Fonds monétaire international (FMI) avait prévenu l'Algérie que son budget était "vulnérable" à une éventuelle baisse des prix du pétrole, qui aurait des conséquences profondes sur l'économie du pays.

Le FMI avait également appelé ce pays à modérer ses dépenses publiques dont la progression pourrait selon lui amener de l'inflation et fragiliser les comptes publics.

Le budget de l'Etat pour 2012 a prévu des dépenses de 74 mds d'euros dont 13 mds d'euros destinées à financer des mesures sociales.

"Il faut qu'il y ait aujourd'hui une prise de conscience sur le fait que nous avons besoin d'une approche beaucoup plus prudente en matière de dépenses (...) surtout celles relatives aux salaires de la Fonction publique où nous avons atteint un plafond", a déclaré à la presse de son côté lundi le ministre des Finances Karim Djoudi.

Selon le ministre, les projets en cours "continueront d'être financés mais les financements de nouveaux projets seront étudiés au cas par cas selon les priorités fixées et les capacités de financements du pays".

M. Djoudi a toutefois estimé que les réserves de change (estimées à 200 milliards de dollars) et le FRR étaient "en mesure d'amortir les éventuels effets d'une baisse des cours du pétrole à moyen terme".

"Si la crise financière européenne se confirme, nous serons obligés d'avoir des reports de projets (...) et une plus grande rigueur dans nos dépenses de fonctionnement", a-t-il ajouté.

abh/vl

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