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Une attaque contre une église au Kenya fait 17 morts et 40 blessés

01/07/2012 04:38 EDT | Actualisé 31/08/2012 05:12 EDT

NAIROBI, Kenya - Des tireurs ont tué deux policiers gardant une église, volé leurs armes, puis ouvert le feu sur les gens présents à l'intérieur et à l'extérieur, dimanche au Kenya, assassinant 15 autres personnes et en blessant 40, ont indiqué des responsables des services de sécurité.

Les deux tireurs ont pénétré dans l'humble église de bois de la ville de Garissa vers 10h15, dimanche, alors que deux autres attendaient à l'extérieur, a précisé le commandant de la police Philip Ndolo. Lorsque la congrégation a fui l'attaque à l'intérieur, ils se sont heurtés à un deuxième déluge de feu provenant des tireurs à l'extérieur, a-t-il dit. Au moins une grenade a explosé lors de l'attaque.

Des bancs renversés jonchaient le sol de l'église après l'assaut. Une victime portant une robe bleue gisait sur la terre sablonneuse, à l'extérieur. Des témoins ont rapporté que les quatre tireurs avaient pris la fuite, vêtus de vêtements bleu-noir et portant des masques.

Il s'agit de la plus meurtrière de deux attaques contre des églises dans cette ville situé à environ 195 kilomètres à l'ouest de la frontière somalienne. Selon M. Ndolo, un second assaut à la grenade contre une autre église de Garissa a fait trois blessés.

Pour le maire de Garissa, Ismail Garat, il s'agit d'attaques «démoniaques».

Le commandant Ndolo a expliqué aux journalistes qu'il voulait qu'une enquête soit menée avant de blâmer le groupe que plusieurs habitants de la région mettent en cause : les al-Shabab, la plus dangereuse milice de la Somalie.

Un porte-parole du Vatican a condamné les attaques «viles et disgracieuses», et affirmé qu'elles démontraient la nécessité de défendre les droits des chrétiens de célébrer leur foi et «de s'opposer à des actes irresponsables qui attisent la haine entre les religions».

Aux États-Unis, la Maison-Blanche a également condamné les attaques, affirmant qu'«en période de transition, la paix et la stabilité sont essentielles pour que des progrès aient lieu au Kenya. Nous appuyons ceux qui reconnaissent la diversité ethnique et religieuse comme étant l'une des principales forces du pays».

Garissa est l'une des deux principales villes kenyanes près de la frontière somalienne. Elle est tout juste à l'ouest du camp de réfugiés de Dadaab, qui abrite près de 500 000 Somaliens déplacés. Vendredi, des attaquants armés ont kidnappé quatre travailleurs étrangers employés par le Conseil norvégien pour les réfugiés, et sont suspectés de les avoir emmenés en Somalie.

Un haut responsable de la sécurité a laissé entendre, après l'attaque, que les assaillants provenaient du camp lui-même. Des responsables kenyans se plaignent depuis longtemps que Dadaab et ses habitants sont une menace pour la sécurité du pays. Certains de ces responsables espèrent que les réfugiés de Dadaab rentreront en Somalie, mais ils ne peuvent forcer ceux-ci à se déplacer sans violer le droit international et sans s'attirer une féroce condamnation internationale.

Les régions du nord et de l'est du Kenya, près de la frontière somalienne, ont souffert d'une série d'attaques à main armée et à la grenade au cours de la dernière année. Des attaquants s'en sont pris à une église de Garissa en décembre, tuant deux personnes.

Le Kenya a envoyé des troupes en Somalie, en octobre dernier, pour chasser les combattants al-Shabab. Les rebelles, qui sont alliés à al-Qaïda, ont menacé à répétition de mener des frappes punitives pour cette incursion dans le territoire somalien. Les attaques de dimanche semblent être la concrétisation de ces menaces.

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