Près de 80 millions de Mexicains sont appelés aux urnes dimanche pour élire leur nouveau président. Le Parti révolutionnaire institutionnel (PRI), qui a dirigé le pays pendant l'essentiel du 20e siècle, pourrait retrouver le pouvoir.
Les bureaux de vote ont ouvert depuis 8 h (heure locale). Les premières estimations de résultats sont prévues tard en soirée.
Trois candidats principaux sont en lice pour succéder à l'actuel président Felipe Calderon. Celui qui a le plus de voix au premier tour est directement élu pour un mandat de six ans non renouvelable.
Enrique Peña Nieto, le télégénique candidat du PRI, 45 ans, dispose d'une large avance sur ses concurrents dans les dernières enquêtes d'opinion. Il détiendrait environ 45 % des intentions de vote.
Ancien gouverneur de l'État de Mexico, il pourrait jouir du bilan positif dans cet État épargné par les violences liées au narcotrafic, selon Yannick Dumont-Baron, envoyé spécial de Radio-Canada au Mexique. Le parti est toutefois contesté par de larges secteurs de l'opinion pour son histoire marquée par l'autoritarisme et la corruption.
Andres Manuel Lopez Obrador, 58 ans, ancien maire de Mexico (2000-2005) et candidat malheureux à la présidentielle en 2006, représentera la coalition de trois partis de gauche. Placé en seconde position dans les sondages, il se dit sûr que sa progression le placera cette fois-ci en tête à l'arrivée, ce qui serait une première pour la gauche au Mexique.
En dernière position dans les sondages arrive la première femme candidate à la présidence mexicaine pour un grand parti. Josefina Vazquez Mota, 51 ans, est la candidate du Parti action nationale (PAN) du président sortant. Il s'agit d'une femme politique très expérimentée, selon notre envoyé spécial au Mexique, Jean-Michel Leprince. « Le problème, c'est qu'elle va probablement payer pour le bilan mitigé de Felipe Calderon. », ajoute-t-il.
Les plus de 50 000 morts générés par les violences liées aux narcotrafiquants peuvent peser lourd dans la balance électorale, ainsi que l'accroissement de la pauvreté qui touche 46 % de la population.
En outre, les principaux partis s'accusent mutuellement de tenter d'acheter le vote de certains électeurs. Des milliers de jeunes promettent de recenser des cas présumés de fraude.
Le président élu prendra ses fonctions le 1er décembre.
« La dictature parfaite »
Le PRI a jeté les fondations du Mexique moderne et dirigé le pays pendant 71 années au 20e siècle. « On l'avait appelé la dictature parfaite, » illustre Jean-Michel Leprince.
Corruption, fraude électorale et d'accès d'autoritarisme ont chassé le PRI du pouvoir en 2000 au profit du Parti d'action nationale (PAN) et de son candidat, Vicente Fox. Un autre membre du PAN lui a succédé en 2006, Felipe Calderon, le président sortant.
L'arrivée du PAN au pouvoir avait suscité l'espoir d'une amélioration démocratique au Mexique, mais plusieurs années de faible croissance économique et l'explosion des violences depuis 2007 dans des affaires liées au trafic de drogue ont érodé sa cote de popularité.
Assurant avoir tiré les leçons de ses erreurs passées, le PRI, se veut désormais un parti démocratique moderne. Il a jeté durant cette campagne tout le poids de son appareil derrière le télégénique Enrique Pena Nieto pour reconquérir le sommet de l'État.
Il s'agit en outre d'un « parti qui regarde de très près l'économie, » ajoute notre envoyé spécial Yannick Dumont-Baron.



RCQC | Publication: 01/07/2012 10:20 Mis à jour: 01/07/2012 12:12