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Libye: des miliciens ciblent la commission électorale à Benghazi

01/07/2012 07:26 EDT | Actualisé 31/08/2012 05:12 EDT

LE CAIRE, Égypte - Des protestataires libyens et des miliciens ont attaqué le quartier général de la commission électorale à Benghazi, dimanche, brûlant des bulletins de vote à une semaine des premières élections générales à se tenir en Libye depuis près de cinq décennies.

Ces informations ont été relayées par le commandant d'une milice.

Pendant ce temps, dans le sud de la Libye, un leader de la tribu Tabu a menacé de boycotter les élections si le gouvernement ne retirait pas ses combattants et ses chars d'assaut d'une ville désertique où des affrontements ont fait des dizaines de victimes.

Les violences et les appels au boycott menacent de porter atteinte au processus électoral qui doit mener à la formation d'une assemblée de 200 membres pour former un gouvernement et superviser l'écriture d'une constitution.

À Benghazi, berceau de l'insurrection qui a mené à la chute de Mouammar Kadhafi, le commandant d'une ancienne milice rebelle, Fadallah Haroun, dit avoir joint les rangs des protestataires lors de l'assaut du siège de la commission électorale.

L'attaque a été perpétrée après que le conseil de transition de Tripoli eut rejeté la demande d'accorder à l'est du pays une représentation équitable des sièges à l'assemblée. Deux autres villes de la portion orientale de la Libye ont vécu la même situation, a indiqué le commandant.

«Nous voulons la justice. Nous avons perdu des dizaines de milliers de martyrs parce que nous voulons un État fondé sur des principes de justice, de primauté du droit et d'égalité des droits», a plaidé Fadallah Haroun.

À l'heure actuelle, il est prévu que Tripoli et l'ouest de la Libye disposent d'un total de 102 sièges tandis que l'est, riche en pétrole, en détiendrait 60. Les autres sièges seraient réservés au sud du pays, peu densément peuplé.

Des représentants de l'est du pays estiment que cette situation les empêchera d'avoir leur mot à dire sur l'écriture de la constitution.

Le scrutin du 7 juillet sera le premier à se tenir depuis les années 1960. Mouammar Kadhafi, qui a dirigé le pays d'une main de fer pendant 42 ans, avait banni les partis politiques et la tenue d'élections.

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