NOUVELLES

Législatives au Sénégal: le nouveau président Sall espère une large majorité

01/07/2012 09:12 EDT | Actualisé 31/08/2012 05:12 EDT

Les Sénégalais votaient dimanche pour renouveler les 150 députés de leur Assemblée nationale, des législatives à un tour qui ont lieu trois mois après une présidentielle remportée par Macky Sall face à Abdoulaye Wade, M. Sall espérant obtenir désormais une large majorité.

Plus de 5 millions d'électeurs sont appelés à voter de 08H00 (locales et GMT) à 18H00, mais de nombreux observateurs craignent un faible taux de participation, plus encore que pour le second tour de la présidentielle du 25 mars (55%).

Dès l'ouverture des bureaux, des files d'attente se sont formées devant plusieurs d'entre eux, mais plus clairsemées que lors du second tour de la présidentielle, à constaté un journaliste de l'AFP.

"Je constate qu'il y a beaucoup moins de monde que lors de la présidentielle, c'est parce que les gens ne comprennent pas l'enjeu du scrutin. Or, pour aider Macky Sall à gouverner sans problème, il faut lui donner une majorité", a affirmé Cheikh Thiaw, électeur de 35 ans, commerçant et partisan de l'actuel président.

"Les gens devraient sortir pour voter, sinon ils n'auraient aucune raison de contester le pouvoir. Pour le moment, il y a peu de monde, c'est peut-être parce qu'il y a trop de partis et de coalitions" en lice, a estimé Mor Talla Ba, un jeune opérateur économique, qui n'a pas précisé son camp.

Le président Macky Sall a voté en fin de matinée dans sa ville de Fatick (centre) et a appelé les électeurs se mobiliser.

"Pour le reste de la journée, j'appelle les électeurs à se déplacer en masse pour s'acquitter de leur devoir citoyen" afin que "le Sénégal puisse tourner la parenthèse des élections et se mettre résolument au travail", a déclaré le chef de l'Etat à la presse après son vote.

Au total, 24 listes de partis et coalitions sont en lice et plus de 7.000 candidats briguent les suffrages des électeurs.

Après son éclatante victoire avec 65% des voix face à Abdoulaye Wade, chef d'Etat vieillissant au pouvoir depuis douze ans, l'enjeu du scrutin pour Macky Sall est d'obtenir une solide majorité à l'Assemblée nationale qui lui permette de mener sa politique affichée de "rupture" d'avec les années Wade.

L'Assemblée sortante est dominée par les partisans de l'ex-président Abdoulaye Wade.

Les principaux partis et coalitions qui s'oppoent à la coalition qui le soutient, "Benno bokk yaakkar" (Unis pour un même espoir, en langue wolof), sont le Parti démocratique sénégalais (PDS) de Wade, qui n'est pas candidat, mais aussi "Bokk gis gis" (Vision commune, en wolof), coalition de dissidents du PDS dont le président du Sénat, Pape Diop et celui de l'Assemblée nationale, Mamadou Seck. Ils ont appelé à "imposer la cohabitation" à Macky Sall.

La campagne électorale s'est déroulée sans incidents majeurs, contrairement à celle d'avant le premier tour du 28 février, marquée par des violences liées à la contestation de la candidature d'Abdoulaye Wade, qui avaient fait au moins six morts et 150 blessés.

Mais elle n'a pas enthousiasmé les foules et a été dominée par de vives polémiques concernant les audits sur la gestion du régime d'Abdoulaye Wade pour lesquels d'anciens responsables de services publics ont été écroués, d'anciens ministres convoqués et entendus par la gendarmerie et la justice.

L'ex ministre de l'Intérieur de M. Wade, Ousmane Ngom, qui avait refusé de répondre à une de ces convocations et incité les dirigeants de son camp à suivre son exemple, a même été interpellé sans ménagement par des policiers.

L'opposition a dénoncé une "chasse aux sorcières" destinée à l'empêcher de mener sa campagne.

La nouvelle Assemblée aura la particularité de comprendre beaucoup plus de femmes - 33 actuellement - grâce à une loi adoptée en mai 2010 qui instaure la parité absolue dans toutes les institutions totalement ou partiellement électives.

mrb-cs-stb/ej

PLUS:afp