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Élections en Jordanie: le roi appelle les islamistes à participer au processus

01/07/2012 05:11 EDT | Actualisé 31/08/2012 05:12 EDT

AMMAN, Jordanie - Le roi de la Jordanie a vivement demandé dimanche à l'opposition islamiste de participer aux élections, malgré leur mécontentement envers les réformes.

L'appel du roi Abdullah II, lors d'une rare entrevue accordée à la télévision, fait partie de sa tentative d'engager le dialogue avec le Front d'action islamique, le bras politique des Frères musulmans, la principale opposition du pays. Les islamistes ont fait des gains partout dans la région après les révoltes du Printemps arabe, et vivent une montée en puissance en Jordanie.

Lors de l'entrevue, le roi a déclaré que «(ses) portes et (son) coeur étaient ouverts à tous, y compris aux Frères musulmans et à leur parti». Il a ainsi appelé «tous les groupes à participer à ce processus de réforme et à prendre part aux élections législatives».

Le souverain craint que le parti islamique boycotte les élections, minant son plan de réforme et déclenchant une violente révolte, comme ailleurs au Moyen-Orient et en Afrique du Nord. Aucune date n'a été fixée, mais les élections devraient avoir lieu cette année.

Le principal point de discorde touche une nouvelle loi de réforme électorale. Selon l'État, cette loi fait des concessions à l'opposition en permettant à chaque citoyen de voter deux fois. La première pour les candidats locaux, et la seconde pour une liste de 17 sièges au niveau national, donnant à des alliances idéologiques comme les islamistes une meilleure chance de se mesurer à des politiciens représentant certaines régions ou provenant de familles influentes.

Les islamistes affirment cependant que la loi donnerait malgré tout une majorité de sièges aux loyalistes gouvernementaux, produisant une nouvelle législature docile.

Les islamistes, qui ont boycotté les deux dernières élections, sont populaires auprès de plusieurs Jordaniens, spécialement chez les gens à faible revenu, qui bénéficient des organismes caritatifs qui aident les écoles, les banques et les hôpitaux situés en dehors de la sphère d'influence gouvernementale.

À l'avenir, a promis le roi, le Parlement pourra choisir le premier ministre _ l'une des principales demandes de l'opposition. Le souverain a insisté sur le fait que la «réforme était irréversible». Il a également tancé l'opposition pour n'y voir «qu'un verre à moitié plein», affirmant que plusieurs avancées avaient été réalisées au cours des derniers mois.

La Jordanie a été le théâtre de 18 mois de révolte populaire et de demandes pour une influence populaire plus importante en politique, en partie en réduisant les pouvoirs absolus du roi. Les manifestations ont toutefois été de petite envergure et relativement calmes comparativement aux révoltes de masse ailleurs dans la région.

Abdullah II a modifié 42 articles, soit un tiers de la Constitution jordanienne vieille de 60 ans, donnant au Parlement un mot a dire dans la composition du cabinet, une tâche qui était autrefois une prérogative royale. Il a également créé une commission électorale indépendante chargée de superviser le vote, reprenant ainsi une tâche du ministère de l'Intérieur.

Parmi les autres changements, le roi a inclus une loi sur les partis politiques qui encourage le multipartisme et une loi sur les municipalités qui permet aux Jordaniens de gouverner leurs villes en élisant des maires et des conseils municipaux.

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