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Kiev fête l'Euro-2012 et l'Espagne

01/07/2012 06:09 EDT | Actualisé 31/08/2012 05:12 EDT

Des milliers d'Ukrainiens et d'étrangers ont suivi dimanche dans le centre de Kiev la finale de l'Euro-2012, les uns exultant de joie après le triomphe de l'Espagne, qui a marqué quatre buts, les autres attristés par la cuisante défaite de l'Italie.

Réunis dans la rue et place centrale de Kiev devenues piétonnes pendant la durée du championnat, les supporters des deux équipes, mélangés, scandaient tantôt "I-ta-li-a!" tantôt "I-spa-ni-a!", sans qu'un groupe prédomine clairement l'autre.

Mais après les troisième et quatrième buts marqués par les Espagnols, la foule en liesse, aux couleurs rouge et jaune du drapeau espagnol, a pratiquement éclipsé ceux qui soutenaient les Italiens avant de littéralement exulter au coup de sifflet final.

Au total, plus de 110.000 personnes, selon Interfax ont suivi la finale du tournoi, qui avait débuté le 8 juin en Pologne.

"Je suis content que l'Ukraine ait eu le grand honneur d'organiser l'Euro-2012 avec la Pologne, et il me semble que nous avons réussi", a déclaré plus tôt dans la journée le président ukrainien, Viktor Ianoukovitch cité par Interfax alors que les préparatifs pour le tournois avaient été émaillés de scandales.

"Même si l'équipe polonaise et l'équipe ukrainienne ne jouent pas la finale, une chose est sûre, la Pologne et l'Ukraine ont gagné l'Euro-2012", s'est félicité pour sa part son homologue polonais Bronislaw Komorowski à l'issue d'une rencontre à Kiev avec M. Ianoukovitch.

De nombreuses personnalités étaient présentes, à commencer par le Premier ministre espagnol, Mariano Rajoy, et le prince Felipe, qui ont boycotté les deux précédents matches de leur équipe en Ukraine pour protester contre le sort de l'ex-Premier ministre et opposante emprisonnée Ioulia Timochenko dont l'UE réclame depuis plusieurs mois la libération.

M. Komorowski s'est par ailleurs entretenu dimanche à Kiev avec plusieurs opposants proches de Mme Timochenko avant de rencontrer avec le président ukrainien et de se rendre au stade.

Le chef du gouvernement italien, Mario Monti était également au stade.

Plusieurs gouvernements européens, notamment de la France, du Royaume-Uni et de l'Allemagne ont en revanche refusé d'envoyer des représentants aux matches de leurs équipes en Ukraine.

Cinq présidents d'ex-républiques soviétiques devaient aussi venir, notamment le chef de l'Etat bélarusse Alexandre Loukachenko, mis au ban de l'Europe en raison des atteintes aux libertés dans son pays et qualifié par la précédente administration américaine de "dernier dictateur d'Europe".

Le siège de M. Loukachenko dans la tribune officielle se trouvait parmi les places réservées aux présidents d'ex-républiques soviétiques, à côté de celui de son homologue géorgien, le pro-occidental Mikheïl Saakachvili.

Des dirigeants européens devaient se trouver eux dans la même tribune, mais un peu plus loin, selon la liste officielle de l'UEFA.

Six militantes du mouvement ukrainien Femen, habituées des manifestations aux seins nus, ont d'ailleurs protesté dimanche contre la visite de Loukachenko devant le stade, avant d'être rapidement interpellées par des policiers.

Alors que les trois semaines du championnat se sont écoulées sans incident notable en Ukraine, les autorités ne cachaient pas leur nervosité en vue de la finale pour laquelle 7.300 policiers étaient mobilisés dans la capitale.

"Je me sentirai tranquille à 100% quand tout sera fini et quand le dernier touriste sera parti. Ensuite, on pourra dire +enfin, on l'a fait", a-t-il ajouté, a dit dimanche matin à l'AFP le chef de l'administration municipale Olexandre Popov.

Une heure et demi après la fin du match, aucun incident n'a été signalé dans la capitale ukrainienne.

ant/grd

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