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Immense déception des milliers de fans réunis devant les écrans géants à Rome

01/07/2012 05:23 EDT | Actualisé 31/08/2012 05:12 EDT

La mine dépitée, des centaines de fans ont quitté précipitamment le Cirque Maxime à Rome, après la défaite écrasante subie dimanche soir par l'Italie contre l'Espagne (0-4) lors de la finale de l'Euro 2012 de football.

En moins de 10 minutes, les 40 à 50.000 personnes qui s'y étaient rassemblées par une température caniculaire dès l'après-midi, se sont éparpillées à la recherche qui d'un bus, qui d'un métro ou d'un taxi.

"Je sens le poids de la défaite. La volonté était là mais ils (les joueurs, ndlr) étaient vraiment fatigués. Nous avons fait de notre mieux même si j'espérais davantage", commente Fabio, 23 ans, en s'éloignant rapidement du Cirque Maxime.

"Mais c'est déjà beaucoup d'être arrivés jusque là", ajoute ce supporteur vêtu d'un maillot bleu aux couleurs de l'Italie.

Même son de cloche chez Lorenza, 20 ans, qui replie à toute vitesse le drapeau italien sous son bras: "je suis un peu triste mais c'étaient deux grandes équipes, l'Espagne aussi".

A l'antenne de la télévision Rai Uno, le chef du gouvernement Mario Monti qui assistait au match à Kiev, a essayé de remonter le moral de la population: "j'ai été voir les joueurs dans les vestiaires et je leur ai dit qu'ils nous ont fait rêver. Ce soir nous nous sommes réveillés mais nous devons être fiers d'eux".

Avant-même le troisième but, des centaines de fans avaient déjà commencé à quitter l'enceinte du Cirque Maxime ou Grand Cirque, un immense ancien stade romain où se déroulaient courses de chevaux et de chars à l'époque antique.

Visages fermés, épuisés par des températures montées à 40 degrés dans l'après-midi, les supporteurs n'ont visiblement pas très envie de répondre aux journalistes. Quelques petits groupes s'attardent mais ils sont rares.

Certains comme Lorenzo, 21 ans, le visage peint aux couleurs italiennes (vert, blanc, rouge) sont convaincus que la Nazionale a perdu une bataille mais pas la guerre: "il faut qu'on se reprenne en mains, j'ai vraiment confiance dans nos chances à la prochaine Coupe du monde" en 2014 au Brésil.

A Rome, les premiers supporteurs étaient arrivés dès 13H00 GMT au Cirque Maxime pour s'installer à proximité des quatre écrans géants érigés par la mairie qui a aussi prévu 15 ambulances, 300.000 bouteilles d'eau, 200 bénévoles, 300 personnels sanitaires, et 200 toilettes chimiques.

Emilio Graziano, un barman de 23 ans, venu de Todi (centre) jugeait "dur mais faisable" de battre l'Espagne, en brandissant à bout de bras un gigantesque drapeau de 4 mètres sur 3 frappé de la célèbre formule de César: "veni, vedi, vici" (je suis venu, j'ai vu, j'ai vaincu).

Dénonçant une "prolifération d'écrans géants", le théâtre de l'Opéra de Rome avait annulé à quelques heures du match, le ballet Gisèle qui devait ouvrir sa saison estivale dimanche, dans le cadre enchanteur des Thermes de Caracalla, qui surplombent le Cirque Maxime.

Mais Rome n'avait pas été la seule à se mobiliser pour le trio magique Cassano-Balotelli-Pirlo: sur le front de mer à Naples, sur le littoral au sud de Venise, dans le parc de l'idroscalo à Milan, à Bologne, sur la jolie "placette", la petite place de l'île de Capri, des maxi-écrans étaient installés partout.

Même les détenus de la prison de Sienne et les habitants de la ville-martyr de L'Aquila victime d'un séisme ayant fait plus de 300 morts en avril 2009 avaient droit à une projection spéciale.

Dans les grandes villes, en particulier Turin et Rome, les dessertes des transports en commun ont été prolongées jusqu'à 1H30 voire 2H30 du matin.

Malgré leur cuisante défaite, les joueurs sont attendus lundi vers 17H00 GMT par le président Giorgio Napolitano qui, à la veille du match, a envoyé une lettre à l'entraîneur Cesare Prandelli pour le féliciter d'avoir su créer "un esprit d'équipe, une entente entre +jeunes+ et +vieux+".

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