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Euro-2012 - Le rideau se baisse à l'Est sur un Euro heureux

01/07/2012 07:30 EDT | Actualisé 31/08/2012 05:12 EDT

Le rideau s'est baissé à l'Est dimanche, avec la finale Espagne-Italie à Kiev (4-0), sur un Euro-2012 qui, en dépit de quelques incidents en Pologne au début, s'est bien déroulé, loin du chaos absolu redouté avant que le tournoi ne commence.

Les deux pays organisateurs, Pologne et surtout Ukraine, avaient cumulé retards et promesses non tenues depuis l'attribution en 2007 de l'évènement, le plus important jamais organisé en Europe de l'Est depuis la chute du mur de Berlin.

Mais la fête fut bien au rendez-vous. Si une image devait rester, ce serait celle des supporters irlandais entonnant à Gdansk le 14 juin un splendide chant dédié à leur équipe, l'Eire, alors qu'elle se faisait tailler en pièces par l'Espagne (4-0) sur le terrain.

L'Eire a quitté le tournoi, logiquement éliminée au premier tour, avec la plus mauvaise défense de cette première phase (9 buts encaissés), mais leurs supporters n'ont jamais cessé de chanter, dans les stades ou les rues en Pologne.

Michel Platini, président de l'UEFA, se rendra d'ailleurs bientôt en Irlande pour remettre un prix spécial aux fans irlandais pour l'ambiance festive qu'ils ont colportée tout au long du tournoi.

Les supporters de l'Eire ont ainsi fait oublier les hooligans russes qui avaient terni l'image de l'Euro en agressant dès le premier jour de la compétition, le 8 juin, des stadiers à Wroclaw. Les images de ces jeunes gens tatoués ou encapuchonnés, en train de donner des coups de pied aux stewards à terre, avaient tourné en boucle sur internet et télés.

D'autres incidents avaient éclaté dans les rues de Varsovie avant un match Pologne-Russie le 12 juin qui sentait le soufre en raisons des tensions politico-historiques entre les deux pays. Là aussi, les images des échauffourées, entre bagarres décousues de hooligans et heurts avec forces de l'ordres, avaient fait mal à l'image du tournoi. Mais le bilan n'avait pas été catastrophique, avec quelques 200 arrestations, en majorité des Polonais.

Le championnat d'Europe aurait eu plus de mal à se remettre d'un drame comparable à celui du gendarme Nivel, agressé par des hooligans lors de la coupe du monde 1998 et qui avait passé de longues semaines dans le coma, ou à celui de Brice Taton, supporteur toulousain tué à Belgrade en 2009 en marge d'un match de football.

Des débordements racistes ont certes eu lieu, causés par une minorité de fans, les cas les plus graves (cris de singe, banane lancée sur la pelouse) étant attribués à des supporters croates, mais il n'ont pas eu l'ampleur annoncée par la BBC, qui dans son émission Panorama fin mai évoquait des vagues déferlantes de néo-nazis.

Au niveau de l'organisation, les prix élevés en Ukraine pour les transports et le logement ont empêché certains fans d'Europe de l'Ouest de se déplacer. Mais l'ambiance s'est toujours maintenue dans les stades polonais et ukrainiens en dépit de l'élimination rapide des deux pays hôtes au premier tour. L'UEFA évoque un taux de remplissage de 98%.

Lors de la demi-finale Allemagne-Italie à Varsovie, la majeure partie du public était polonaise et portait les couleurs de l'équipe nationale. Signe ostensible d'une fête qui perdure.

Le seul incident organisationnel n'en a pas vraiment été un. Un orage biblique s'est abattu à Donetsk au début du match France-Ukraine le 15 juin, contraignant l'abitre à interrompre le match une cinquantaine de minutes. Mais les excellentes installations de la somptueuse Donbass Arena ont permis à la partie de reprendre, et c'était l'essentiel.

La pression est maintenant sur la France où un Euro parfait est attendu. C'est d'ailleurs le mot de la fin de Platini: "Je dis bonne chance à la France pour 2016, la barre a été placée haute. Beaucoup considéraient que c'était irréalisable. Bravo aux fédérations, aux autorités en Pologne et Ukraine. Il y a eu des tensions et des coups de sang mais on y est parvenu".

pgr/ep

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