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Tour de France - George Hincapie, le record et l'ambition

30/06/2012 08:19 EDT | Actualisé 30/08/2012 05:12 EDT

George Hincapie a débuté samedi son 17e Tour de France, un record à valeur simplement symbolique pour l'Américain de l'équipe BMC qui entend mettre son expérience à profit pour un dernier défi: amener son leader Cadel Evans à une deuxième victoire d'affilée.

Il arpente les routes de France chaque été depuis 1996 et a +remporté+ neuf éditions de la plus prestigieuse des courses cyclistes aux côtés des Lance Armstrong (7 Tours), Alberto Contador (1) et Cadel Evans (1).

"Commencer un nouveau Tour est toujours excitant. Le fait que ce soit mon 17e et d'entrer dans l'histoire du Tour de France, ça rend la chose encore plus excitante", sourit l'Américain qui a fêté ses 39 ans vendredi.

"Mais on a beaucoup de travail devant nous. On veut répéter le succès de l'an dernier et il va falloir se concentrer totalement sur la course", prévient-il.

S'il lui est arrivé d'accrocher la lumière sur la Grande Boucle avec une victoire d'étape (deux autres dans dans des contre-la montre par équipes) et une journée en jaune, Hincapie est avant tout un homme de l'ombre, un de ces équipiers fidèles dont rêvent les prétendants à la victoire.

Après avoir été longtemps une pièce maîtresse du +Blue Train+, le +train bleu+ de l'équipe US Postal puis Discovery Channel au service de Lance Armstrong, il est désormais le +capitaine de route+ de l'équipe BMC.

"Il est mes yeux et mes oreilles dans le peloton, explique le directeur sportif John Lelangue. Avec son expérience, il est indispensable. Il anticipe beaucoup. Dès qu'il sent quelque chose qui pourrait survenir, il est le premier à me contacter via l'oreillette".

"Sa motivation est intacte, assure-t-il. Que ce soit le matin en hiver pour aller s'entraîner sous la pluie ou quand on débriefe en octobre et qu'on parle de la saison suivante, j'ai l'impression d'être face à un junior".

Le passage de "Big George" (1,90 m, 77 kg) il y a deux ans dans l'équipe BMC, créée par le richissime Andy Rihs, avait suscité l'ironie sur un transfert apparemment plus lucratif que sportif.

"Ca m'a motivé pour continuer et persister jusqu'à cette année", affirme cet amateur de classiques, qui prendra sa retraite après le Tour avec à son actif des victoires sur Gand-Wevelgem (2001), au GP Ouest-France à Plouay (2005) et aux Championnats des Etats-Unis sur route (1998, 2006, 2009).

"Ca a rendu la victoire de Cadel l'an dernier un peu plus particulière. Et aussi parce que je savais que j'avançais vers la fin de ma carrière et que j'ai joué un rôle plus important que par le passé en prenant plus de décisions durant la course", raconte-t-il.

Sa dernière campagne s'annonce relevée pour tenir tête à l'armada britannique Sky de Bradley Wiggins. "Il va falloir éviter les problèmes à Cadel, le garder placé, le protéger dans les montagnes pour qu'il arrive au mieux dans les contre-la-montre", résume-t-il.

L'Américain a débuté la course avec des "émotions mélangées": "Je suis excité, j'ai aussi un peu peur de ce que sera ma vie future mais je vais d'abord rester concentré sur ma forme et sur la course avant que tout ça ne change."

De ses 17 Tours de France, il retiendra quelques figures qu'il a côtoyées --"la détermination de Lance Armstrong", "l'esprit blagueur de Cavendish", "le simple et pur désir de victoire d'Evans"-- mais son plus beau souvenir de la Grande Boucle n'est pas sur la route. "C'est la rencontre avec ma femme à Paris en 2003", sourit-il.

sva/jm/jmt

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