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Tour de France - Cent bornes de chronos, c'est beaucoup !

30/06/2012 09:11 EDT | Actualisé 30/08/2012 05:12 EDT

Par un retour de balancier, le Tour de France penche cette année vers les contre-la-montre qui, sur plus de 100 kilomètres, avantagent sensiblement les rouleurs.

"C'est la part moyenne jusqu'en 2007, pour ne pas parler d'une époque plus ancienne, quand il y avait 120 ou 140 kilomètres", souligne Christian Prudhomme.

Le directeur du Tour explique avoir voulu augmenter cette fois la part des "chronos" pour amener les grimpeurs à passer à l'attaque, à partir de loin, à multiplier les offensives.

Mais, depuis 2007, les écarts se sont resserrés, notamment en montagne, et l'environnement du cyclisme a changé. Dès lors, la part des "chronos" est-elle démesurée, même si Christian Prudhomme récuse le terme, ou quelque peu excessive ?

"Non, ça rééquilibre le jeu", répond Philippe Mauduit, qui dirige l'équipe Saxo Bank, sans chef de file cette année pour le classement général. "Les grimpeurs ont été favorisés ces dernières années. C'est bien d'avoir ces contre-la-montre, ça promet plus de spectacle en montagne. Il y a des gens qui vont devoir se découvrir un peu plus tôt".

"Mais, ajoute-t-il, on ne peut pas le faire tous les ans. Que le scénario change tous les ans, c'est tout à fait recommandable". De là à imaginer un Tour sans contre-la-montre ? "Pourquoi pas, mais ça ne pourrait pas être tous les ans. Le +chrono+ est un exercice important dans le cyclisme."

"Il en faut pour tout le monde", estime en écho Yvon Ledanois (Movistar). "Quand on met 100 kilomètres de contre-la-montre, il faut des étapes pour les grimpeurs avec des arrivées au sommet, il faut avoir moyen de récupérer le temps perdu. Et, de ce que j'ai vu en reconnaissance, c'est le cas cette année même si ça paraît un Tour plus approprié pour Wiggins et Evans. Sur le papier, c'est un peu plus favorable aux rouleurs. Sur le terrain, on verra..."

"Wiggins est bien parti pour gagner un Tour à la façon de Miguel Indurain, c'est à dire faire la différence sur les chronos et gérer en montagne", prévoit Alain Gallopin (RadioShack). "Cent bornes, c'est beaucoup. Si Wiggins assomme le premier +chrono+ (9e étape, 9 juillet), il n'a plus qu'à contrôler et il a une marge pour le dernier (19e étape, 21 juillet), tant mieux pour lui".

Donc, on en revient à la question: 100 kilomètres, est-ce trop ? "Je ne me permettrais pas de critiquer le Tour, qui est intéressant quel que soit le parcours. Ce serait peut-être plus indécis s'il y avait moins de +chronos+ mais le directeur sportif de Wiggins ne va pas dire la même chose."

"Le contre-la-montre est rédhibitoire pour ceux qui ne sont pas bons dans l'exercice", confirme Jean-René Bernaudeau (Europcar), en ajoutant aussitôt un bémol: "Si la course se passe normalement..."

Fidèle à sa conception du cyclisme, "JR" Bernaudeau prône le retour de l'inattendu, de l'imprévu: "On n'écrit pas une étape la veille. Il faut avoir du courage, oser, entreprendre, risquer. Si chaque manager dit à ses coureurs +on ne peut pas gagner+... Je respecte Wiggins et Evans mais on n'est pas là pour leur faire plaisir. Alors, il faut aller de l'avant !"

jm/jmt

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