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Syrie: 82 morts, dont 30 civils tués par un obus lors de funérailles

30/06/2012 04:24 EDT | Actualisé 30/08/2012 05:12 EDT

La répression et les combats entre armée et rebelles ont fait au moins 82 morts samedi en Syrie, dont 30 civils tués par un obus alors qu'ils participaient à un cortège funéraire à Zamalka, à 10 km à l'est de Damas, a annoncé l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

Organisation basée au Royaume-Uni et qui s'appuie sur un réseau de militants et de témoins, l'OSDH a aussi appelé le CICR à envoyer "d'urgence" des équipes médicales à Douma, une ville rebelle à une quinzaine de kilomètres de Damas bombardée depuis le 21 juin.

L'OSDH a diffusé deux vidéos transmises par des militants, en annonçant qu'elles avaient été tournées à Zamalka. La première montre plusieurs dizaines d'hommes agitant des drapeaux de la révolution syrienne en accompagnant un cortège funéraire, avant que l'image ne soit brusquement interrompue.

La seconde vidéo, tournée visiblement juste après l'explosion même s'il est impossible de s'assurer qu'il s'agit du même lieu, montre des gens courir pour échapper à un épais nuage de poussière, qui se dissout peu à peu et révèle de nombreux corps déchiquetés gisant au sol.

A Douma, à quelques kilomètres de Zamalka, des dizaines de personnes ont été tuées et des centaines d'autres blessées à Douma depuis le 21 juin et la situation humanitaire est "catastrophique à tous les niveaux", a expliqué l'OSDH, évoquant une pénurie de denrées alimentaires et des coupures d'eau et d'électricité.

De nombreux habitants ont fui, mais "plus de 100 familles, des femmes et des enfants, sont piégées dans des abris. Elles sont terrifiées par les pilonnages et les tirs. Les hommes ont été arrêtés ou tués par les forces de l'ordre", ajoute l'OSDH.

"Les forces de l'ordre ont pris le contrôle de l'hôpital principal de Douma. Il n'y a aucun médecin en ville alors qu'il y a des dizaines de blessés ayant besoin de soins urgents", affirme l'OSDH, appelant le Comité international de la Croix-Rouge et le Croissant rouge syrien à "envoyer d'urgence des équipes médicales".

L'agence officielle syrienne Sana a indiqué pour sa part que les forces de l'ordre avaient découvert "trois dépôts d'armes à Douma en prenant d'assaut les repaires des groupes terroristes" et qu'elles continueraient leurs opérations pour "purger la ville de ces terroristes".

Dans la capitale, 10 camions militaires transportant des soldats et des voitures équipées de mitrailleuses ont pénétré dans le quartier de Hajar al-Aswad, où les forces du régime ont pris d'assaut les maisons de militants et de soldats ayant fait défection.

Des combats ont opposé rebelles et soldats dans le quartier de Jobar à Damas, ainsi qu'à Aïn Tarma, dans la province de la capitale. Dans la même région, quatre soldats sont morts dans l'explosion de leur voiture près de Rankouss.

A Deir Ezzor (est), huit civils ont été tués par des obus et des tirs, et un officier rebelle a péri dans des combats avec les troupes régulières.

A Idleb (nord-ouest), un couple et leur fils ont péri dans des bombardements contre le village de Hich. Six autres civils ont été tués dans des tirs dans d'autres localités, rapporte l'OSDH.

Vendredi, les violences dans le pays avaient fait au moins 75 morts, selon l'OSDH.

A Genève, les pays membres du Groupe d'action sur la Syrie se sont accordés sur les principes d'une transition politique, ouvrant la voie à l'ère "post-Assad" selon les Etats-Unis alors que la Russie et la Chine ont réaffirmé qu'il revenait aux Syriens de choisir leur avenir.

Depuis le début de la révolte populaire contre le régime syrien en mars 2011, plus de 15.800 personnes ont été tuées, selon l'OSDH. Depuis une dizaine de jours, les bilans quotidiens dépassent régulièrement la centaine de morts.

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