NOUVELLES

Pas d'avancées au sein du Groupe d'action pour la Syrie

30/06/2012 01:44 EDT | Actualisé 30/08/2012 05:12 EDT

Réunis par Kofi Annan, émissaire conjoint de l'ONU et de la Ligue arabe en Syrie, les diplomates composant le Groupe d'action pour la Syrie (cinq membres permanents du Conseil de sécurité et Turquie) se sont séparés samedi à Genève sans avoir réellement progressé sur l'épineuse question d'un gouvernement de transition.

L'histoire "nous jugera tous sévèrement si nous nous révélons incapables de prendre aujourd'hui la bonne direction", avait pourtant averti M. Annan.

La Russie, allié traditionnel de Damas, avait semblé avoir accepté le document préparatoire fixant les étapes pour une transition politique dans le pays. Il prévoyait l'établissement d'un gouvernement d'union nationale de transition, qui pourrait comprendre des membres du régime actuel, de l'opposition et d'autres groupes. Doté des pleins pouvoirs exécutifs, il superviserait l'élaboration d'une nouvelle Constitution et l'organisation d'élections.

Mais il semble que Moscou ait refusé la formulation du texte permettant d'exclure "ceux dont la présence et la participation saperaient la crédibilité de la transition et mettraient en péril la stabilité et la réconciliation". Autrement dit, le fils de Hafez el-Assad, dont l'Occident et l'opposition syrienne souhaitent clairement que le départ soit un préalable à la transition.

Face à ce blocage, l'ancien secrétaire général de l'ONU a sobrement constaté que "c'est au peuple syrien de parvenir à un règlement politique". Pour M. Annan, "le plus gros du travail commence maintenant. Nous devrons oeuvrer ensemble à faire appliquer ce qui a été convenu". Plus optimiste, la cheffe de la diplomatie américaine a voulu croire que le texte adopté à Genève "ouvre la voie à un (gouvernement) post-Assad".

Depuis 16 mois, le régime alaouite mène une répression meurtrière contre le mouvement de contestation né en mars 2011. La situation a encore dégénéré ces derniers mois avec des affrontements entre troupes syriennes et insurgés. On estime que plus de 14.000 personnes ont perdu la vie dans les combats.

La trêve supposée être entrée en vigueur le 12 avril dernier dans le cadre du plan de paix proposé par M. Annan n'a jamais tenu. L'escalade des violences a même contraint les observateurs de l'ONU, dont la mission avait été approuvée fin avril par le Conseil de sécurité, à suspendre le week-end dernier leurs activités et leurs patrouilles.

Le chef de la mission d'observation onusienne, le général norvégien Robert Mood, avait expliqué que l'intensification des violences faisait courir "des risques importants" aux 300 observateurs non-armés déployés en Syrie et les empêchait de remplir leur mandat.

Au lendemain des violents combats dans le faubourg damascène de Douma, de nouveaux affrontements ont eu lieu samedi à dans les provinces de Hama et de Homs (centre), dans la région de Deir el-Zour (est), ainsi qu'à Idlib et Alep (nord). Selon les opposants, on compte au moins 22 morts. AP

sb/ll/v0/mw

PLUS:pc