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Mexique: retour attendu au pouvoir du Parti révolutionnaire institutionnel

30/06/2012 11:28 EDT | Actualisé 30/08/2012 05:12 EDT

Les élections générales de dimanche au Mexique pourraient marquer le retour au pouvoir du Parti révolutionnaire institutionnel (PRI), l'omniprésent parti de centre-gauche qui avait dominé la vie politique pendant 70 ans avant d'être évincé en 2000 par le Parti d'action nationale (PAN, droite).

Le candidat du PRI, Enrique Peña Nieto compte en effet 8 à 17 points d'avance dans les sondages sur l'ancien maire de Mexico, Andrés Manuel López Obrador du Parti de la révolution démocratique (PRD, gauche), battu de peu en 2006. Josefina Vázquez Mota, la candidate du PAN, le parti du président sortant Felipe Calderon, est troisième dans les enquêtes d'opinion.

Quelque 79,4 millions d'électeurs sont appelés aux urnes dans 143.151 bureaux de vote du pays pour choisir leur président, 500 députés de la chambre basse du Congrès et 128 sénateurs. Ils doivent également élire maires et gouverneurs à Mexico et dans les Etats de Chiapas, Guanajuato, Jalisco, Morelos et Yucatan. Le président est élu pour un mandat non-renouvelable de six ans. Les bureaux de vote ouvrent à 8h dimanche (13h GMT) et ferment à 18h (23h GMT), avec les premiers sondages à la sortie des urnes attendus à 20h (1h GMT lundi).

Ancien gouverneur de l'Etat de Mexico, Enrique Nieto, 45 ans, dit incarner un nouveau PRI, ayant renoncé à ses veilles pratiques de corruption, fraude électorale, clientélisme et gouvernance autoritaire. Le candidat a notamment insisté durant sa campagne sur l'insécurité, une des principales préoccupations des Mexicains. Le président sortant Felipe Calderon a lancé en 2006 une guerre contre les cartels de la drogue, qui a fait des milliers de morts.

Selon M. Nieto, on a trop mis l'accent sur les opérations et arrestations spectaculaires de trafiquants, au détriment de la lutte contre la criminalité affectant la plupart des citoyens. Si le candidat du PRI reste favori des sondages, de nombreux Mexicains disent redouter le retour d'un PRI trop hégémonique, bénéficiant selon ses détracteurs du soutien des principales chaînes de télévision.

Deuxième dans les sondages, M. López Obrador, candidat du PRD, avait perdu de peu en 2006 face à Felipe Calderon. Refusant de reconnaître sa défaite et dénonçant des fraudes électorales, il avait alors organisé des manifestations massives qui avaient paralysé pendant six semaines la capitale Mexico dont il est un ancien maire.

Durant la récente campagne présidentielle, il a promis de bâtir une "République de l'amour" marquée par la paix et la concorde civile, avant de durcir au cours des dernières semaines ses attaques contre le PRI.

M. López Obrador prône sur le plan économique l'autosuffisance dans les domaines de l'énergie et de l'agro-alimentaire, et dit vouloir lutter contre le gaspillage des fonds publics et la corruption. Il a également appelé ses partisans à surveiller attentivement les bureaux de vote "pour empêcher de nouvelles fraudes électorales".

La candidate du PAN, Josefina Vázquez, est à la traîne dans les enquêtes d'opinion. Agée de 51 ans, elle a été ministre de l'Education et du Développement social dans les gouvernements conservateurs des présidents Vicente Fox et Felipe Calderon -dont elle a cherché à se distancer.

Mme Vázquez s'est engagée à poursuivre la lutte contre les cartels de la drogue, pénaliser d'avantage la corruption dans les administrations publiques et dynamiser la croissance économique en assouplissant la législation sur les embauches et licenciements. AP

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