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Mausolées de Tombouctou démolis: Bamako dénonce une "furie destructrice"

30/06/2012 11:39 EDT | Actualisé 30/08/2012 05:12 EDT

Le gouvernement malien a dénoncé "la furie destructrice assimilable à des crimes de guerre" du groupe islamiste armé Ansar Dine qui a démoli samedi plusieurs mausolées de saints musulmans à Tombouctou (nord), et menacé les auteurs de ces destructions de poursuites au Mali et à l'étranger.

"Le gouvernement apprend avec indignation (...) que des groupes extrémistes armés s'en prennent aux mausolées et aux tombes dans la ville de Tombouctou", il condamne cette furie destructrice assimilable à des crimes de guerre et s'apprête à engager des poursuites contre leurs auteurs aussi bien au plan national qu'au plan international", déclare-t-il dans un communiqué transmis à l'AFP.

Le gouvernement malien ajoute qu'il "mettra tout en oeuvre pour identifier les auteurs de telles attaques et les traduire devant les juridictions compétentes, conformément aux lois en vigueur".

Il précise avoir déjà "approuvé" en Conseil des ministres "le principe de la saisine de la Cour pénale internationale (CPI)", et a créé à cet effet un groupe de travail.

Pour Bamako, les pratiques des islamistes armés qui occupent depuis trois mois le nord du Mali et prônent l'application de la charia (loi islamique) dans tout le pays, "n'ont rien à voir avec l'islam, religion de paix et de tolérance dont prétendent se réclamer des extrémistes sans foi ni loi".

Selon plusieurs témoins joints par l'AFP, les islamistes d'Ansar Dine ont détruit samedi en quelques heures trois mausolées de Tombouctou: celui de Sidi Mahmoud (nord de la ville), Sidi Moctar (nord-est) et Alpha Moya. Ils ont promis de faire subir le même sort à tous les sites similaires.

"Ansar Dine va détruire aujourd'hui tous les mausolées de la ville. Tous les mausolées sans exception", a déclaré à l'AFP via un interprète Sanda Ould Boumama, porte-parole d'Ansar Dine à Tombouctou.

Ansar Dine, Aqmi et divers groupes armés ont pris ensemble le contrôle du vaste nord malien il y a trois mois, quelques semaines après un coup d'Etat militaire qui, le 22 mars, avait installé la confusion à Bamako.

Au fil du temps, les islamistes ont étendu leur emprise sur le terrain, particulièrement au détriment de rebelles touareg, séparatistes et laïcs.

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