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Les adversaires du conflit afghan se sont rencontrés à Kyoto, au Japon

30/06/2012 06:00 EDT | Actualisé 30/08/2012 05:12 EDT

ISLAMABAD - Un émissaire taliban a rencontré, cette semaine, un haut responsable du gouvernement afghan en charge des négociations de paix, dans le cadre d'une rare rencontre de haut niveau entre les deux ennemis, a déclaré un responsable samedi.

La rencontre survenue lors d'une conférence sur la paix et la réconciliation à Kyoto, au Japon, était un rare signe positif lors de tentatives infructueuses de trouver une fin pacifique au conflit qui s'éternise en Afghanistan. La rencontre a également offert une occasion inhabituelle pour le gouvernement afghan du président Hamid Karzaï de s'asseoir avec ses ennemis, les talibans et le groupe d'insurgés Hezb-e-Islami.

Siddiq Mansour Ansari, un militant pacifiste qui a été invité à participer à la rencontre survenue cette semaine à l'Université Doshisha de Kyoto, a indiqué qu'il s'agissait de la troisième conférence de paix et de réconciliation organisée par l'institution, mais la première où les talibans ont envoyé un émissaire.

L'ancien ministre taliban de la Planification, Qari Din Mohammed Hanif, a participé à la conférence «pour expliquer les politiques de l'Émirat islamique», a déclaré par téléphone le porte-parole taliban Zabilullah Mujahed à l'Associated Press. Aucune explication n'a été donnée sur les moyens de transport utilisés par M. Hanif pour se rendre au Japon. S'il est un membre haut placé des talibans et un membre du comité politique du mouvement, il n'est cependant pas recherché.

Le gouvernement afghan était représenté par Mohammed Masoon Stanikzaim, un membre haut placé du Haut Conseil de paix du gouvernement, qui est responsable des négociations avec les insurgés.

Selon M. Ansari, la conférence ne visait pas à signer un accord de paix, mais plutôt à échanger des idées et des différences.

M. Karzaï et les responsables américains tentent de ramener les talibans à la table de négociations pour conclure un accord de paix entre le gouvernement afghan et l'insurrection, accord qui mettrait fin à une guerre que les commandants américains ont décrite comme impossible à gagner uniquement par la puissance militaire.

Les talibans ont refusé de négocier avec le gouvernement Karzaï, affirmant que les États-Unis détenaient le pouvoir en Afghanistan. L'administration Obama a imposé une date limite pour le retrait de ses forces, en 2014, et tente d'établir le cadre des négociations afghanes avant l'expiration de ce délai.

Au dire de M. Hanif, les négociations de paix avec les États-Unis au Qatar ont été suspendues plus tôt cette année lorsque les États-Unis ont refusé de tenir leur promesse de relâcher des Afghans détenus à la prison militaire de Guantanamo Bay, et de leur permettre de se rendre là où ils le désirent.

Bien que la rumeur veuille qu'ils s'affrontent parfois en Afghanistan, les talibans et le groupe Hezb-e-Islami ont présenté une position commune à Kyoto, exigeant que toutes les troupes étrangères, y compris les formateurs, quittent le pays après 2014.

Hezb-e-Islami est une milice islamiste radicale forte de plusieurs milliers de combattants et de partisans à travers le nord et l'est du pays. Son chef, le puissant seigneur de guerre Gulbuddin Hekmatyar, est un ancien premier ministre afghan et un ex-allié des États-Unis. Washington le considère désormais comme un terroriste.

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