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La conscription pour les juifs orthodoxes divise la coalition Netanyahu

30/06/2012 05:54 EDT | Actualisé 30/08/2012 05:12 EDT

Un projet visant à instaurer un service militaire ou civil obligatoire pour les juifs ultra-orthodoxes et les Arabes israéliens, qui en sont dispensés, divise et menace même de crise la coalition gouvernementale du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu.

Une commission parlementaire dirigée par le député centriste Yohanan Plessner doit présenter la semaine prochaine au Parlement ses recommandations pour remplacer la "Loi Tal" (du nom du juge qui en est l'auteur), qui exempte de facto du service militaire les ultra-orthodoxes et la minorité arabe.

En février dernier, la Cour suprême a jeté un pavé dans la mare en jugeant que la "Loi Tal", votée en 2002, était anticonstitutionnelle et serait considérée comme caduque à compter du 1er août.

Le temps presse donc pour M. Netanyahu --pour qui ce dossier est l'un des plus sensibles du moment-- qui doit au plus vite régler l'imbroglio afin de permettre à la Knesset (Parlement) de légiférer avant la fin juillet.

En Israël, le service militaire obligatoire est de 3 ans pour les hommes et de 2 ans pour les femmes. Les hommes, jusqu'à l'âge de 40 ans, peuvent être rappelés sous les drapeaux pour des périodes de réserves pouvant atteindre un mois par an.

Selon les médias, la commission Plessner devrait recommander de fixer pour chaque classe d'appelés un quota de 1.500 ultra-orthodoxes qui échapperaient au service militaire afin de pouvoir se consacrer à l'étude de la Torah. Mais elle prônerait des pénalités fiscales ou financières à ceux qui se soustrairaient à leurs obligations militaires.

La commission Plessner suggère de continuer à dispenser d'armée les jeunes Arabes israéliens et de porter d'ici quatre ans à 6.000 le nombre d'entre eux effectuant un service civil national, contre un millier actuellement.

Les Arabes israéliens sont les descendants de quelque 160.000 Palestiniens restés sur leur terre après la création d'Israël en 1948. Ils représentent 20% de la population d'Israël.

Parmi les minorités d'Israël, seuls les quelque 120.000 Druzes sont soumis à un service militaire obligatoire.

Selon les sondages, les recommandations de la commission Plessner répondent aux voeux de l'écrasante majorité des Israéliens, choqués par les inégalités devant le service militaire.

"Les ressortissants arabes et les Harédim (ultra-orthodoxes) doivent partager le fardeau", a affirmé M. Netanyahu.

Mais le Premier ministre de droite hésite, malgré l'ampleur de sa majorité (94 députés sur 120), à provoquer un clash avec ses alliés historiques, le parti religieux sépharade Shass (11 députés) et le Judaïsme unifié de la Torah ashkénaze (5 députés).

Du coup, deux partis nationalistes de la coalition, Israël Beiteinou (droite nationaliste laïque) du chef de la diplomatie Avigdor Lieberman, et Le Foyer juif (extrême droite) du ministre de la Science Daniel Hershkowitz, qui réclament la circonscription pour tous, ne cachent pas leur mécontentement.

Avigdor Lieberman, pilier de la majorité avec 15 députés, a carrément démissionné de la commission Plessner et promis de soumettre son propre projet de texte pour remplacer la Loi Tal. Sans rallier l'opposition, il songe à son électorat alors que se rapprochent les législatives de 2013.

"Il (Netanyahu) n'a pas la moindre chance de tenir parole car il n'est pas émotionnellement bâti pour une telle rupture (avec ses alliés religieux)", a cruellement commenté Ben Caspit, l'éditorialiste du quotidien Maariv.

Vendredi encore, le Premier ministre a tenté de ménager la chèvre et le chou en essayant, sans y parvenir, d'élaborer un texte de compromis avec Shaul Mofaz, chef du Kadima, autre pilier de la coalition (28 élus), qui songe lui aussi aux échéances électorales.

ChW/agr/sw

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