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Incertitude sur un accord à Genève pour la transition en Syrie

30/06/2012 05:36 EDT | Actualisé 30/08/2012 05:12 EDT

Kofi Annan a mis en garde les membres permanents du Conseil de sécurité de l'ONU samedi à Genève au sein du Groupe d'action pour la Syrie, les exhortant à l'unité pour trouver un accord sur la transition en Syrie, faute de quoi "l'histoire nous jugera sévèrement". 

Devant l'impasse entre Occidentaux, Russes et Chinois, l'émissaire des Nations Unies et de la Ligue arabe Kofi Annan a adressé une sévère mise en garde aux participants dans son discours d'ouverture. Les  Syriens "seront les plus grandes victimes, et leurs morts ne seront pas seulement la conséquence d'actes de tueurs, mais aussi de votre incapacité à surmonter vos divisions", a-t-il dit.

"L'histoire nous jugera sévèrement si nous sommes incapables de prendre la bonne direction aujourd'hui, les risques d'échouer à travailler ensemble sont évidents, et les bénéfices à suivre une même voie sont clairs", a-t-il ajouté.

Les discussions s'avèrent "difficiles" et la perspective d'un accord reste très incertaine, selon Britanniques et Américains.  

"Les discussions demeurent difficiles, nous y travaillons aujourd'hui mais nous avons besoin d'un plan fort et crédible, peut-être nous y parviendrons, peut-être pas", a dit un haut responsable américain. 

Les discussions butent entre Russes et Occidentaux sur le sort du président Bachar al-Assad. Les Etats Unis demandent son départ alors que la Russie, un allié de longue date du pouvoir syrien, estime que les puissances étrangères ne doivent pas décider des résultats de la transition en Syrie.

Faute d'accord préalable, la réunion avait été retardée de deux heures pour de nombreuses consultations. 

"Un futur stable pour la Syrie implique que (le président Bachar Al Assad) quitte le pouvoir", a estimé le Secrétaire au Foreign Office,  William Hague, en arrivant à la réunion.

La Russie a refusé ces derniers jours la proposition Annan qui implique que M. Assad accepte de quitter le pouvoir en vue du succès du plan de transition. "Il est inutile de signer un accord sans valeur ou un accord qui ne ferait pas avancer la situation (...)", a prévenu M. Hague.

Pour la Russie, le sort du président Assad doit "être décidé dans le cadre du dialogue entre Syriens et par le peuple syrien lui même". 

Le Groupe d'action sur la Syrie, constitué par M. Annan, rassemble des chefs de la diplomatie des cinq membres permanents du Conseil de sécurité, Etats Unis, Chine, Russie, France et Grande Bretagne, des pays représentant la Ligue arabe, Irak, Koweït et Qatar, de la Turquie et les Secrétaires généraux de la Ligue Arabe et de l'Onu ainsi que la Haute représentante aux Affaires Etrangères de l'Union européenne.

En plus de 15 mois de révolte, la répression et, depuis quelques mois, les combats entre armée et rebelles ont fait plus de 15.800 morts, en majorité des civils, selon l'OSDH (Observatoire syrien des droits de l'Homme).

Sur le terrain, une ONG syrienne a lancé un appel au Comité international de la Croix rouge (CICR) pour envoyer des équipes médicales dans la ville de Douma, près de Damas, théâtre d'opérations militaires d'envergure depuis le 21 juin.

Quinze  personnes, dont treize civils, ont été tuées samedi dans les violences en Syrie, selon l'OSDH.

A Douma, située à 13 km de la capitale, où des dizaines de personnes ont été tuées et des centaines blessées, la situation humanitaire est "catastrophique à tous les niveaux", a indiqué l'OSDH.

"Plus de 100 familles, des femmes et des enfants, sont piégées dans des abris. Les hommes ont été arrêtés ou tués par les forces de l'ordre", ajoute le communiqué.

"Les forces de l'ordre ont pris le contrôle de l'hôpital principal de Douma. Il n'y a aucun médecin en ville, alors qu'il y a des dizaines de blessés ayant besoin de soins.

Vendredi, au moins 75 personnes ont été tuées dans les violences en Syrie, selon l'OSDH.

Un échec de la réunion de samedi pourrait rendre "irréversible" la spirale de la violence qui plonge chaque jour un peu plus le pays dans la guerre civile, a averti Kofi Annan.

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