NOUVELLES

Hong Kong: le nouveau dirigeant entre en poste sur fond de grogne anti-Chine

30/06/2012 10:09 EDT | Actualisé 30/08/2012 05:12 EDT

HONG KONG - Leung Chun-ying est devenu le troisième dirigeant de Hong Kong dans un contexte de malaise et de grogne populaire face au contrôle de la Chine sur le centre financier asiatique.

M. Leung a été officiellement nommé dirigeant principal dimanche matin (samedi, heure de Montréal) lors d'une cérémonie supervisée par le président chinois Hu Jintao 15 après la fin du règne plus que centenaire des Britanniques sur le territoire. Des heurts sporadiques ont eu lieu entre des manifestants et la police à l'extérieur du centre des congrès où l'événement a eu lieu, et un protestataires qui a tenté d'interrompre le président Hu alors que celui-ci entamait son discours a été emmené par des responsables de la sécurité.

L'homme de 57 ans, qui s'est élevé de lui-même au rang de millionnaire, remplace le fonctionnaire de carrière Donald Tsang, qui est entré en poste en 2003, et qui ne peut se représenter.

Des dizaines de milliers de personnes doivent descendre dans les rues, plus tard dimanche, pour protester contre l'écart grandissant entre les revenus, la hausse vertigineuse des prix des propriétés et le malaise découlant de l'influence chinoise.

M. Leung a été choisi en mars, remportant 689 votes d'un comité formé de 1200 notables, principalement des hommes d'affaires qui accomplissaient les volontés de Pékin. Les 3,4 millions d'électeurs inscrits de Hong Kong, qui peuvent voter pour les conseillers de quartiers et pour la moitié des législateurs, n'ont pas leur mot à dire sur la question.

Les appels à un procédé démocratique ont été catalysés par la façon dont M. Leung a obtenu son poste et par les scandales de corruption entourant son prédécesseur. L'habitant moyen de Hong Kong craint que le système politique mis en place depuis le 1er juillet 1997 ait donné aux magnats milliardaires trop d'influence sur les hauts responsables du gouvernement.

Pékin a promis que Hong Kong pourrait élire son propre chef en 2017 et tous les législateurs au plus tôt dès 2020, mais aucune feuille de route n'a été établie.

Les rassemblements pro-démocratie annuels ont débuté en 2003, lorsqu'un demi-million de personnes sont descendues dans la rue pour protester contre une loi anti-subversion qui a plus tard été oubliée dans les limbes législatives.

La popularité initiale de M. Leung a été écornée par un scandale concernant des ajouts illégaux à son manoir. Lors de sa campagne pour se faire élire, il a assuré que sa demeure était en ordre, mais des journalistes ont découvert la semaine dernière que sa résidence comportait plutôt six ajouts non-autorisés, y compris un petit sous-sol. Il avait pourtant fait campagne sur les gaffes de son rival Henry Tang, y compris la découverte d'un sous-sol luxueux, mais surtout interdit dans la maison de celui-ci.

M. Leung en poste avec un taux d'approbation beaucoup plus faible que ses prédécesseurs, lui rendant la tâche plus difficile pour faire adopter des réformes qu'il a pourtant promises afin d'en finir avec les inégalités qui touchent Hong Kong. Il a ainsi promis des mesures telles que l'accroissement des logements abordables et a également mis sur pied une commission anti-pauvreté.

PLUS:pc