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Égypte: Mohammed Morsi prête serment

30/06/2012 06:00 EDT | Actualisé 30/08/2012 05:12 EDT

LE CAIRE, Égypte - Mohammed Morsi a prêté serment samedi devant la Cour suprême constitutionnelle pour devenir le premier président civil et islamiste d'Égypte. Il succède à Hosni Moubarak qui a démissionné en février 2011 au terme d'un soulèvement populaire sans précédent.

"Nous aspirons à de meilleurs lendemains, une nouvelle Égypte et une seconde République", a déclaré M. Morsi, issu des Frères musulmans, lors d'une cérémonie solennelle retransmise en direct à la télévision d'État.

"Aujourd'hui, le peuple égyptien a posé les fondations d'une nouvelle vie -liberté absolue, démocratie authentique et stabilité", a ajouté cet ingénieur de formation âgé de 60 ans, vainqueur de la première présidentielle libre du pays.

"L'Égypte aujourd'hui est un État civil, national, constitutionnel et moderne", a poursuivi le nouveau président, en costume bleu et cravate rouge.

Plusieurs centaines de policiers et soldats surveillaient le siège de la cour, au bord du Nil, où Mohammed Morsi a prêté serment en fin de matinée. Seuls quelques centaines de partisans ont pu l'acclamer aux abords du bâtiment et, contrairement à la pompe présidentielle des années Moubarak, la circulation n'a été que brièvement interrompue pour laisser passer sa modeste escorte.

Le siège de la cour se situe juste à côté de l'hôpital militaire où Hosni Moubarak, 84 ans, avait été transféré il y a une dizaine de jours depuis l'hôpital de la prison où il était incarcéré. L'ancien président a été condamné le 2 juin à la réclusion à perpétuité pour complicité de meurtres après la mort de centaines de manifestants lors du soulèvement de l'an dernier.

Candidat par défaut des Frères musulmans -le numéro deux de la confrérie, Khaïrat al-Chater, n'ayant pu se présenter à cause d'une condamnation sous Moubarak- Mohammed Morsi, avait été proclamé dimanche dernier vainqueur du second tour de la présidentielle égyptienne organisé le 16 et 17 juin.

Présenté comme une "roue de secours" sans beaucoup de charisme, Mohammed Morsi a vu son prestige personnel grandir depuis sa victoire et son discours vendredi sur la place Tahrir du Caire, berceau de la Révolution, où des dizaines de milliers de partisans s'étaient massés. Il s'est présenté comme le président de tous les Égyptiens et s'est inscrit dans la lignée du soulèvement qui a abouti à la démission du président Moubarak après trois décennies de règne autoritaire.

Après sa prestation de serment, Mohammed Morsi s'est rendu à l'université du Caire pour son discours d'investiture, dans lequel il a rendu hommage à l'armée, "bouclier et épée de la Nation". "Je m'engage devant Dieu à protéger cette institution (...) élever son prestige et la soutenir par tous les moyens dont je dispose pour la rendre plus forte", a-t-il dit.

Le Conseil suprême des forces armées au pouvoir depuis la chute de Moubarak "a honoré sa promesse de ne pas se substituer à la volonté populaire", a ajouté M. Morsi. A présent, a-t-il souligné en présence du chef du CSFA, le maréchal Hussein Tantaoui, "les institutions élues vont reprendre leur rôle tandis que la glorieuse armée égyptienne va revenir à sa mission de protection des frontières et de la sécurité de la nation".

Mohammed Morsi a ensuite participé à une cérémonie militaire marquant le transfert du pouvoir de l'armée au président. Mais dans les faits, le CSFA a amendé le 17 juin au soir du second tour la déclaration constitutionnelle par intérim, afin de limiter considérablement les prérogatives du président.

Après la dissolution du Parlement à majorité islamiste le 14 juin par la Cour suprême constitutionnelle, les généraux ont repris le pouvoir législatif, avec le contrôle du budget. Ils se sont également donné les moyens de rédiger à leur avantage la future Constitution, pour garder la maîtrise sur les questions militaires, de sécurité et des affaires étrangères.

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