L'UNESCO a accordé samedi à Grand-Pré, en Nouvelle-Écosse, le statut de site du patrimoine mondial de l'humanité.

Les responsables de l'UNESCO qui évaluaient cette candidature en ont fait l'annonce lors d'une réunion en Russie, à Saint-Pétersbourg.

Grand-Pré est d'abord un lieu historique hautement symbolique pour les Acadiens. C'est dans ce village, en bordure de la baie de Fundy, que la Déportation a commencé en 1755.

Le président de la Société Nationale de l'Acadie (SNA) s'est réjoui de l'annonce, qui a de quoi remplir de fierté le coeur des Acadiens. Le délégué de la SNA à Saint-Pétersbourg et coprésident du comité ayant pavé la voie à cette nomination, Gérald Boudreau, parle d'un « couronnement du cheminement de réconciliation paisible du peuple acadien envers son histoire à la fois remarquable et tragique ».

Bien avant l'annonce, il se doutait déjà que la valeur exceptionnelle et universelle de ce village allait convaincre les juges, qui l'ont d'ailleurs élu à l'unanimité.

Des retombées symboliques et économiques

Le financement de l'entretien, de la protection et de l'interprétation du site revient aux gouvernements locaux.

Le gouvernement de la Nouvelle-Écosse a pour ce faire établi une fiducie de 2,5 millions de dollars sur 10 ans. La municipalité du comté de Kings investira quant à elle 25 000 dollars pour 10 ans.

Mais au-delà des retombées économiques, les fruits seront surtout symboliques.

La région est aussi reconnue pour la beauté de son paysage, en bordure de la baie de Fundy. Elle fait partie de l'histoire du peuple Micmac, des Acadiens et des Planters. Ces derniers sont des colons anglais qui se sont installés sur les terres des Acadiens après la Déportation. Leurs descendants ont d'ailleurs appuyé la candidature de Grand-Pré.

Peter Herbin, coprésident du comité consultatif pour la nomination de Grand-Pré, compte parmi ses ancêtres des Acadiens et des Planters. Il explique qu'il est très heureux de participer à l'évolution de ce site.

Grand-Pré, qui attire chaque année de 30 000 à 65 000 touristes, devient le 16e site canadien à être inscrit au patrimoine mondial.