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France - Blanc part, faute d'accord avec l'autre président, Le Graët

30/06/2012 12:44 EDT | Actualisé 30/08/2012 05:12 EDT

Laurent Blanc, surnommé "le président" durant sa carrière internationale, a annoncé samedi qu'il ne demanderait pas à prolonger son contrat de sélectionneur, faute d'accord avec l'autre président, celui de la Fédération française de football (FFF) Noël Le Graët.

"Lors de nos entretiens du 28 juin, nous (avec M. le Graët) ne sommes pas parvenus à trouver un terrain d'entente autour du management de l'équipe de France pour les 2 saisons à venir", a expliqué Blanc dans un texte transmis à l'AFP.

"Dans ces conditions, et au terme du délai de réflexion supplémentaire convenu, je n'ai pu que lui (M. Le Graët) confirmer, ce samedi 30 juin, ma décision de ne pas demander le renouvellement du contrat qui me liait à la FFF", poursuit Blanc.

Simultanément, la FFF indiquait dans un communiqué qu'au "terme du délai de réflexion supplémentaire prévu (après une entrevue jeudi), Laurent Blanc a contacté samedi le président de la FFF, Noël Le Graët, pour lui indiquer sa décision de ne pas solliciter la reconduction de son contrat de sélectionneur national".

Par l'utilisation par Blanc du terme "management", il faut peut-être y voir la volonté politique du président Le Graët de ne pas faire de cadeau sur plusieurs aspects de la vie interne des Bleus, notamment sur la taille d'un encadrement trop élargi à son goût (une vingtaine de personnes pour un groupe de 23 joueurs à l'Euro).

Blanc, 46 ans, avait voulu que la prolongation de son contrat de deux ans (qui arrivait à échéance ce samedi soir) soit examinée avant l'Euro-2012, ce que le président de la FFF avait refusé, liant son engagement à la compétition en Ukraine et Pologne.

L'objectif fixé aux Bleus pour cet Euro par le président de la "3F" était d'atteindre les quarts de finale et de bien se comporter sur et en dehors du terrain.

Les Bleus ont bien atteint les quarts de finale, battus par l'Espagne (2-0), ce qu'ils n'avaient pas fait lors des deux derniers tournois majeurs, avec des éliminations aux premiers tours de l'Euro-2008 et du Mondial-2010.

Mais au niveau de l'attitude, des coups de canif ont été portés au contrat moral par les joueurs, Samir Nasri insultant la presse notamment.

Blanc a peut-être commis l'erreur de négliger la personnalité des joueurs convoqués et d'ériger le terrain comme seul juge de paix.

"Je veux remercier aussi les joueurs pour leur implication même si tout n'a pas toujours été parfait", a commenté Blanc dans son communiqué.

Pour remplacer Blanc, le nom qui circule avec insistance est celui de l'actuel entraîneur de Marseille, également champion du monde 1998, Didier Deschamps.

"Didier Deschamps pourrait être un bon sélectionneur, comme d'autres. Le président de la FFF a l'immense honneur et l'immense responsabilité de choisir le sélectionneur, a déclaré Michel Platini, président de l'UEFA samedi depuis Kiev. J'avais souhaité Jean Tigana en 2004, ça a été Raymond Domenech, c'était le choix du président. Mais à la fin, mieux vaut avoir bons joueurs."

Arrivé dans le tumulte de la grève de la honte des joueurs à Knsyna le 20 juin 2010 en plein Mondial sud-africain, Blanc ferme la page des deux années écoulées avec un goût amer. Le nouveau chapitre sera-t-il plus calme ?

pgr/ep/grd

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